L'avocat Jeremy Morgan KC a livré le récit d'une rencontre étonnante qui illustre, selon lui, « l'humanité essentielle » du juge Anthony Clarke, Lord Clarke of Stone-cum-Ebony, décédé le mois dernier.

L'incident

Alors qu'il était maître des rôles – la deuxième plus haute fonction judiciaire d'Angleterre et du pays de Galles – Lord Clarke avait été invité à un dîner par la Manchester Law Society. Sur le chemin du retour vers son hôtel, après la soirée, il fut abordé par un homme sorti de l'ombre. Ce dernier lui demanda : « Voulez-vous de la speed ou de la coke ? » Le juge déclina poliment l'offre. Insistant, l'inconnu proposa alors : « Et du Viagra ? » Essuyant un nouveau refus, il laissa Lord Clarke poursuivre sa route.

« Ce que cet homme n'a jamais compris, écrit Jeremy Morgan KC, c'est qu'il était à la fois le pusher le plus malchanceux et le plus chanceux d'Angleterre. Malchanceux parce qu'il avait tenté de vendre de la drogue au deuxième magistrat le plus haut gradé du pays, mais chanceux parce que la réaction de ce juge n'a pas été de faire immédiatement appel à la police. »

Contexte et carrière

Anthony Clarke, titré Lord Clarke of Stone-cum-Ebony, a occupé les fonctions de maître des rôles de 2005 à 2009, puis de juge à la Cour suprême du Royaume-Uni jusqu'à sa retraite. Il était réputé pour sa courtoisie et son intelligence juridique. Selon la lettre de l'avocat, il souffrait de la maladie d'Alzheimer. Son décès a été annoncé fin avril 2026.

Portée de l'anecdote

Ce témoignage, qui suscite l'émotion dans les milieux juridiques, met en lumière la tempérance et l'humanité d'un magistrat qui aurait pu user de toute l'autorité de sa fonction mais a préféré la clémence. L'avocat, qui réside à Spoleto en Italie, a souhaité partager ce souvenir pour rendre hommage à Lord Clarke, soulignant un trait de caractère rare chez les hauts responsables de la justice.