Alors que les primaires de juin 2026 approchent en Californie, une proposition originale émerge dans la blogosphère américaine : utiliser l'intelligence artificielle (IA) pour faciliter la recherche d'informations sur les scrutins locaux. Scott Alexander, auteur de la newsletter Astral Codex Ten, a publié le 26 mai 2026 un billet dans lequel il relate son expérience avec l'IA Claude pour analyser les candidats à un poste de surintendant de l'instruction publique en Californie.
Une méthode pragmatique
L'auteur ne prétend pas que l'IA soit capable de décider à la place de l'électeur. Il explique que, comme lui, de nombreux citoyens consacrent environ une heure à faire des recherches avant de voter pour des sièges locaux. Selon lui, l'IA peut rendre cette tâche beaucoup plus rapide et efficace. Il a ainsi fourni à Claude un prompt détaillé décrivant son profil politique – centriste libéral, adepte des idées d'abondance (YIMBY), amateur d'écrivains comme Kelsey Piper ou Ezra Klein – ainsi que son approche prudente vis-à-vis de l'emprise gouvernementale. Il a ensuite demandé au chatbot de lister les biographies, les politiques, les soutiens et les différences essentielles entre les candidats.
Application concrète : la course au poste de surintendant
L'essai se concentre sur la fonction de surintendant de l'instruction publique de Californie. Claude a d'abord rappelé que ce poste dispose d'une autorité directe étonnamment limitée – les districts contrôlant l'essentiel des budgets et des programmes – mais qu'il reste une tribune influente, gérant un budget d'environ 150 milliards de dollars. L'IA a ensuite présenté une analyse des candidats en fonction du profil politique de l'utilisateur, notamment à travers le prisme des positions de Kelsey Piper, une journaliste réputée pour ses positions sur l'éducation.
Le chatbot a détaillé les positions de chaque candidat sur des sujets clés : la méthode d'alphabétisation structurée (phonics), la standardisation des tests, l'ouverture aux charters et aux micro-écoles, et le rapport aux syndicats d'enseignants. Al Muratsuchi, député sortant et ancien président de la commission de l'éducation, a été présenté comme le candidat le plus en phase avec ces positions, notamment pour avoir co-écrit une loi finançant l'enseignement de la lecture basé sur la science de la lecture. Anthony Rendon, ancien président de l'Assemblée, a été jugé comme un second choix plausible, tandis que Richard Barrera, président du conseil scolaire de San Diego, a été présenté comme le candidat le plus susceptible de rencontrer la défiance du profil Piper, en raison de son soutien par le principal syndicat d'enseignants.
Un outil d'aide, pas un remplacement
L'auteur insiste sur le fait que l'IA ne remplace pas la réflexion personnelle. Il souligne que son essai est avant tout une démonstration de la capacité de l'IA à synthétiser rapidement des informations complexes et à les adapter à un profil d'électeur donné. Selon lui, pour les électeurs qui ne faisaient pas auparavant de recherches faute de temps, l'IA pourrait rendre cette démarche accessible, sans que cela ne réduise la qualité du jugement. L'expérience a été menée avec Claude, un chatbot développé par la société Anthropic, mais l'auteur n'exclut pas que d'autres IA puissent offrir des résultats similaires.
Un débat sur l'utilisation de l'IA en politique
Ce billet intervient dans le contexte d'une attention croissante portée à l'utilisation de l'IA dans les processus démocratiques. L'idée d'un assistant numérique pour éclairer les choix électoraux soulève des questions sur la fiabilité des informations fournies, la capacité de l'IA à éviter les biais politiques et la transparence des modèles utilisés. L'auteur lui-même précise qu'il ne s'agit pas de considérer l'IA comme super-intelligente, mais comme un outil de recherche puissant, comparable à un assistant de recherche humain, mais beaucoup plus rapide. L'expérience est présentée comme un cas d'usage pratique pour les élections locales, souvent délaissées par les grands médias et où l'enjeu d'information est crucial.
Conclusion
L'initiative de Scott Alexander, bien que limitée à un essai personnel, illustre une tendance potentielle : l'intégration de l'IA générative dans les habitudes de vote. Alors que les primaires de juin 2026 en Californie approchent, cette méthode pourrait être adoptée par une partie de l'électorat, au moins à titre expérimental. Les résultats de cette utilisation massive, si elle se confirme, pourraient influencer les futures campagnes électorales et la relation entre les citoyens et l'information politique.