L'Iran annonce une riposte militaire contre une base américaine

L'Iran a annoncé, jeudi 28 mai, avoir riposté aux dernières frappes américaines dans le sud de son territoire en ciblant la base militaire américaine d'où elles avaient été lancées. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a prévenu que sa réponse à toute nouvelle attaque américaine serait « plus décisive ». Le communiqué du CGRI n'a pas précisé de quelle base il s'agissait ni la nature de l'action menée.

Quelques heures plus tôt, l'armée koweïtienne avait annoncé que ses défenses aériennes étaient en train d'intercepter des drones et missiles hostiles, sans en préciser l'origine ni l'ampleur. Les États-Unis disposent de cinq bases militaires au Koweït.

Les frappes américaines de la veille

Mercredi, les forces américaines ont mené ce qu'un responsable américain a décrit comme des frappes d'autodéfense dans le sud de l'Iran. Selon ce responsable, qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat, les États-Unis ont abattu quatre drones d'attaque à sens unique que l'Iran avait lancés au-dessus du détroit d'Ormuz. L'armée américaine a ensuite détruit une station de contrôle au sol de drones dans la ville portuaire de Bandar Abbas, avant que l'Iran ne puisse lancer un cinquième drone. Le CGRI a affirmé jeudi avoir riposté à ces frappes.

Menace sur la fragile trêve

Ces hostilités menacent la trêve fragile en vigueur et assombrissent les espoirs de voir les pourparlers de paix entre l'Iran et les États-Unis aboutir à une réouverture rapide du détroit d'Ormuz, voie de transit essentielle pour les pétroliers et les gaziers. Mercredi, le président Donald Trump a indiqué lors d'une réunion du cabinet qu'il était prêt à des négociations prolongées et s'est dit indifférent aux pressions politiques intérieures provoquées par une guerre impopulaire. « Les responsables iraniens pensaient qu'ils allaient réussir à m'attendre », a-t-il déclaré, ajoutant : « Je me fiche des élections de mi-mandat. »

Pression sur Oman et sanctions

Le président Trump a également averti Oman, allié des États-Unis, de ne conclure aucun accord avec l'Iran pour un partage du contrôle du détroit d'Ormuz, sous peine d'une campagne de bombardements américains. Il a toutefois estimé par la suite qu'il ne croyait pas que les États-Unis devraient en arriver là.

Parallèlement, le département du Trésor américain a annoncé mercredi l'ajout de l'Autorité du détroit persique d'Oman – une entité créée par Téhéran la semaine dernière pour superviser la voie d'eau – à sa liste de sanctions. Le Trésor a qualifié cette autorité de « tentative d'extorsion ».

Escalade au Liban

L'armée israélienne a annoncé jeudi matin avoir lancé de nouvelles frappes contre des cibles du Hezbollah à Tyr, dans le sud du Liban. Cette résurgence des combats entre Israël et la milice libanaise soutenue par l'Iran complique les efforts de paix régionaux, car Téhéran souhaite que tout accord global couvre également le Liban.

Réaction des marchés

Les cours du pétrole ont bondi après ces nouvelles hostilités. Le prix du baril de Brent, référence mondiale, s'est envolé de près de 4 % jeudi pour atteindre environ 96 dollars pour livraison en août. Le brut léger américain (West Texas Intermediate) a grimpé de 4 %, à 92 dollars le baril pour livraison en juillet.

Contexte général

Ces affrontements constituent le deuxième échange d'hostilités en trois jours entre les deux pays, après des semaines de tensions autour du détroit d'Ormuz et des discussions sur un accord officieux. Malgré les assurances répétées de l'administration Trump quant à la proximité d'un accord, les combats de ces derniers jours ravivent les doutes sur les perspectives de paix.