L'exécutif a annoncé un nouveau plan de soutien massif aux filières stratégiques de l'informatique quantique et des semi-conducteurs. Emmanuel Macron a dévoilé, lors d'un déplacement vendredi à Bruyères-le-Châtel (Essonne), une enveloppe de 1,5 milliard d'euros destinée à renforcer l'écosystème français et européen dans ces domaines, dans un contexte de concurrence technologique internationale intense.
Le président de la République s'est rendu au Très grand centre de calcul du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), accompagné du Premier ministre et des ministres de l'Économie, des Armées et de l'Enseignement supérieur. Ce déplacement visait à réaffirmer la priorité accordée à ces technologies critiques, alors que les États-Unis et la Chine subventionnent massivement leurs champions technologiques.
Une réponse à la course mondiale à la technologie
Cette annonce intervient dans un climat de compétition débridée entre grandes puissances. Les États-Unis, via le Chips Act, et la Chine multiplient les investissements publics colossaux pour dominer les secteurs des semi-conducteurs et du calcul quantique. Face à cette dynamique, l'exécutif appelle de ses vœux une nouvelle politique européenne plus ambitieuse, capable de soutenir les acteurs industriels et de recherche du continent.
Les 1,5 milliard d'euros annoncés visent à accélérer le développement de l'informatique quantique, perçue comme une rupture technologique majeure, et à consolider la filière des semi-conducteurs, composante essentielle de la souveraineté numérique. Ces fonds s'inscrivent dans le cadre plus large des dispositifs France 2030 et des plans de relance nationaux.
Soutien à une filière stratégique
Le secteur des semi-conducteurs, vital pour l'industrie électronique et l'intelligence artificielle, connaît une tension mondiale sur l'approvisionnement et une course à la capacité de production. La France, avec des acteurs comme STMicroelectronics et des centres de recherche de pointe, cherche à renforcer sa position. Le quantique, de son côté, promet des capacités de calcul inédites pour la simulation, la cryptographie ou la découverte de matériaux.
En se rendant au Très grand centre de calcul du CEA, le président a souligné l'importance des infrastructures de recherche publique pour porter ces innovations. Ce site héberge des supercalculateurs et des programmes de R&D en physique et en informatique.
Un cadre européen à construire
Au-delà de l'effort national, Emmanuel Macron a plaidé pour une réponse européenne coordonnée. Il a estimé que l'Union européenne doit se doter d'outils financiers et réglementaires comparables à ceux de ses concurrents pour éviter une dépendance technologique. Cette prise de position intervient alors que Bruxelles travaille sur un fonds souverain et des projets de puces électroniques.
L'annonce de ce vendredi renforce les engagements antérieurs de la France dans le cadre du plan d'investissement France 2030, qui prévoyait déjà plusieurs milliards pour les technologies de rupture. Elle traduit la volonté de l'exécutif de faire de la souveraineté technologique un pilier de la stratégie industrielle du pays.