L'Union européenne intensifie ses efforts pour développer des fournisseurs IT capables de rivaliser avec les entreprises américaines. Au cœur de la bataille, la question du financement reste cruciale pour le passage à l’échelle, surtout pour les start-ups en forte croissance, dites scale-up. La Commission européenne vient d’annoncer la création d’un fonds spécifique doté de 5 milliards d’euros.
Ce fonds sera piloté par le groupe suédois EQT, qui a été sélectionné pour gérer le projet. Il bénéficiera également du soutien d’investisseurs privés tels qu’Allianz, CriteriaCaixa et Novo Holdings. L’objectif est de fournir des capitaux aux jeunes entreprises technologiques européennes pour les aider à se développer et à rester sur le continent.
Contexte et ambitions
Cette initiative s’inscrit plus largement dans une stratégie européenne visant à renforcer la compétitivité du secteur IT, nourrie notamment par le rapport Draghi de 2024. Plusieurs mesures complémentaires sont en préparation, dont les propositions « EU Inc », destinées à simplifier les démarches administratives des start-ups, ainsi qu’un « paquet sur la souveraineté technologique » attendu le 27 mai.
Cette dynamique répond à une inquiétude persistante : la difficulté de l’Europe à faire émerger et à conserver des entreprises IT capables de rivaliser à l’échelle mondiale. Selon la Commission européenne, seulement 8 % des scale-ups mondiales sont basées dans l’UE, contre près de 60 % en Amérique du Nord. Par ailleurs, de nombreuses start-ups prometteuses sont rachetées avant leur maturité, à l’image de DeepMind, acquise par Google en 2014.
Un montant modeste face aux concurrents
Si les 5 milliards d’euros représentent une somme significative, l’initiative reste modeste par rapport aux investissements mobilisés par les États-Unis et la Chine dans le secteur technologique. Les fonds levés par les start-ups américaines et chinoises dépassent largement ce montant, ce qui souligne le retard accumulé par l’Europe dans le financement des scale-ups.
Le fonds piloté par EQT vise à combler une partie de ce fossé en offrant aux jeunes pousses européennes un accès à des capitaux importants sans avoir à se tourner vers des investisseurs étrangers. La collaboration avec des investisseurs privés comme Allianz, CriteriaCaixa et Novo Holdings devrait renforcer la capacité du fonds à soutenir des projets d’envergure.
Enjeux pour l'écosystème IT européen
Au-delà du financement, l’Union européenne cherche à créer un environnement plus favorable à l’innovation et à la croissance des entreprises technologiques. Les propositions « EU Inc » visent à simplifier les démarches administratives, souvent perçues comme un frein par les entrepreneurs. Le « paquet sur la souveraineté technologique » attendu fin mai devrait préciser les mesures complémentaires.
Ce fonds représente un pas important dans la stratégie européenne pour réduire sa dépendance technologique et favoriser l’émergence de champions européens capables de concurrencer les géants américains et chinois.