Les membres de la Park Slope Food Co-op, une épicerie coopérative de Brooklyn, ont voté mardi en faveur d’un boycott des produits israéliens, par une majorité de plus de deux contre un. La mesure, adoptée à l’issue d’une réunion de trois heures, a été saluée par ses partisans comme une prise de position morale pour les droits des Palestiniens, mais dénoncée par ses opposants comme une manifestation locale d’un mouvement antisémite visant à éliminer Israël.
Un vote sans appel
Le scrutin a donné 67 % de voix favorables au boycott, 31 % d’opposants et 2 % d’abstentions. La coopérative, qui incarne depuis longtemps les préoccupations politiques et les habitudes de consommation des libéraux de Brooklyn, se trouve ainsi au cœur d’une controverse qui dépasse largement ses allées.
Produits concernés et conditions
Selon le texte de la mesure approuvée, la coopérative boycottera les biens produits en Israël ainsi que les produits israéliens fabriqués dans les territoires palestiniens occupés, jusqu’à ce qu’Israël se conforme au droit international, notamment en mettant fin aux traitements discriminatoires infligés aux Palestiniens dans tout territoire sous son contrôle. Le boycott ne concerne qu’un nombre limité de produits : certains fruits et légumes, plusieurs marques de tahini, d’huile d’olive et des produits capillaires.
Réactions et tensions
La décision a alarmé des dirigeants juifs, qui y voient une manifestation hyperlocale d’un antisémitisme croissant. La question du boycott a profondément divisé la coopérative, l’un des symboles du quartier huppé et progressiste de Park Slope. Pour ses partisans, il s’agit d’un acte de solidarité avec les Palestiniens face à ce qu’ils considèrent comme des violations du droit international par Israël. Pour ses détracteurs, la mesure s’apparente à un soutien au mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), qualifié par certains de discriminatoire.