Une baisse historique mais un rythme toujours alarmant
La déforestation dans l’Amazonie brésilienne a reculé en 2025 à son niveau le plus bas depuis 2019, année de début des relevés du réseau de surveillance MapBiomas. Selon le rapport publié mercredi 27 mai, le pays a perdu 985 000 hectares (2,4 millions d’acres) de végétation native l’an dernier, soit une diminution de 20,6 % par rapport à 2024. Ce chiffre n’inclut pas les surfaces détruites par les incendies, qui ont été moins ravageurs qu’en 2024, année marquée par une saison des feux record.
Cinq arbres abattus chaque seconde : malgré le progrès, l’ampleur de la destruction reste saisissante. Dans la forêt amazonienne elle-même, la déforestation a ralenti de 23,5 %, mais cinq arbres continuent d’être abattus chaque seconde. Le biome le plus touché est une nouvelle fois le Cerrado, vaste savane riche en biodiversité située au sud de l’Amazonie : il concentre à lui seul plus de la moitié des pertes de végétation du pays.
Agriculture responsable de 99 % des pertes
Le consortium MapBiomas – qui regroupe universités, ONG et entreprises technologiques – souligne que l’agriculture représente 99 % de la perte de végétation native. Les six grands écosystèmes brésiliens ont tous enregistré un recul de la déforestation. « Nous observons une augmentation des actions de contrôle et des sanctions, ce qui a une corrélation directe avec la baisse de la déforestation dans tous les biomes brésiliens », a déclaré Marcos Rosa, coordinateur technique de MapBiomas.
Un enjeu électoral pour Lula
Ce bon résultat tombe à un moment clé pour le président Luiz Inácio Lula da Silva, candidat à un quatrième mandat lors des élections d’octobre. La lutte contre la déforestation est un pilier de son administration. Après quatre années de déboisement massif sous son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro, Lula s’est engagé à éradiquer d’ici 2030 la déforestation illégale. Préserver la couverture forestière est essentiel pour lutter contre le réchauffement climatique, les arbres agissant comme un puits de carbone naturel.
Lula cherche à mettre en avant ses réussites environnementales en vue du scrutin. L’an dernier, il a accueilli le sommet climatique COP30 dans la ville amazonienne de Belém. Cependant, il est critiqué par des environnementalistes pour son soutien à un vaste projet d’exploration pétrolière près de l’embouchure du fleuve Amazone.
Un bilan contrasté
Si la tendance est encourageante, le rythme de destruction demeure préoccupant. Le Brésil a perdu près d’un million d’hectares en une seule année, soit l’équivalent de la superficie d’un pays comme le Liban. Le rapport de MapBiomas sert de référence pour mesurer l’efficacité des politiques publiques. Les prochains mois diront si la baisse se confirme et si l’objectif de zéro déforestation illégale en 2030 est atteignable.