Le gouvernement grec franchit une nouvelle étape dans le renforcement de ses capacités navales. Kyriakos Mitsotakis, chef du gouvernement, a annoncé ce dimanche que le conseil gouvernemental pour la défense et les affaires étrangères (KYSEA) a approuvé l'achat de deux frégates italiennes de type Bergamini, également connues sous le nom de Fremm. Cette décision vise à moderniser la flotte de guerre hellénique dans un contexte géopolitique marqué par des tensions persistantes en Méditerranée orientale.

Un programme d'équipement intégré Parallèlement à cette commande, Athènes prévoit de moderniser ses frégates MEKO, construites par le groupe allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS). Le Premier ministre a également évoqué l'acquisition de nouveaux dispositifs de cryptage destinés à renforcer la confidentialité des communications des forces armées. Ces mesures devraient être soumises au vote du Parlement grec, où le parti Nouvelle Démocratie, au pouvoir, dispose d'une majorité absolue, ce qui garantit leur adoption.

Un budget de 25 milliards d'euros sur douze ans Ces achats s'inscrivent dans un plan de refonte de l'armée grecque sur douze ans, dont l'enveloppe totale avoisine les 25 milliards d'euros. Ce programme inclut notamment la création d'un dôme antimissiles, antiaérien et antidrones baptisé « Bouclier d'Achille », ainsi que des commandes déjà passées à la France : 24 avions de combat Rafale et trois frégates Belharra, pour un montant de 5,5 milliards d'euros. Ce partenariat franco-grec a été réaffirmé en avril dernier lors d'une visite officielle du président Emmanuel Macron à Athènes.

Un effort de défense au-dessus de la moyenne de l'OTAN La Grèce fait partie des quatre pays membres de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) qui consacrent plus de 3 % de leur produit intérieur brut (PIB) à la défense, se classant derrière la Pologne, l'Estonie et la Lettonie. Cette priorité budgétaire s'explique par les défis géopolitiques auxquels le pays est confronté, notamment les tensions récurrentes avec son voisin turc en Méditerranée orientale. La décision d'acquérir des frégates italiennes intervient alors que d'autres conflits, comme la guerre en Ukraine, continuent d'alimenter l'instabilité régionale. Un possible accord entre l'Iran et les États-Unis était également évoqué ce même dimanche, illustrant la volatilité du contexte international.