La NASA a dévoilé mardi 26 mai à Washington un plan ambitieux pour lancer cette année trois missions lunaires sans équipage, première étape de la construction d’une base permanente sur la Lune dont le coût est estimé à 20 milliards de dollars. L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a annoncé lors d’une conférence de presse que l’agence avait sélectionné Blue Origin, l’entreprise fondée par Jeff Bezos, pour mener la première de ces missions, écartant ainsi SpaceX d’Elon Musk.

Un calendrier serré pour poser les bases

Ces trois vols robotiques doivent permettre de préparer le terrain pour l’édification de la base, en déposant des équipements, en étudiant le sol et en testant des technologies clés. Isaacman a précisé que la mission confiée à Blue Origin utiliserait l’atterrisseur « Blue Moon Mark 2 », un engin conçu pour transporter des charges lourdes. La NASA n’a pas encore détaillé l’ordre exact des opérations, mais les trois lancements sont programmés avant la fin de l’année.

Un choix stratégique et concurrentiel

Le contrat pour la première mission, remporté par Blue Origin, marque un tournant dans la compétition spatiale américaine. SpaceX, qui avait jusqu’ici dominé les contrats d’atterrisseurs lunaires avec son vaisseau Starship, voit son rival historique prendre une longueur d’avance pour cette phase initiale. La NASA a souligné que la sélection s’était faite sur des critères de capacité technique, de calendrier et de coût, mais n’a pas révélé le montant précis du contrat.

Une base pour explorer et exploiter

La construction de cette base, surnommée « Moon Base », s’inscrit dans le cadre du programme Artemis, qui vise un retour durable des humains sur la Lune. Selon les plans esquissés par Isaacman, la base servira de point d’appui pour des missions scientifiques, l’extraction de ressources et l’entraînement aux voyages vers Mars. Les missions robotiques de 2026 permettront d’installer des modules d’habitation, des panneaux solaires et des systèmes de communication.

Des partenaires privés au cœur du projet

La NASA mise largement sur le secteur privé pour réaliser ces objectifs. Blue Origin, SpaceX et d’autres entreprises sont en compétition pour les phases ultérieures. Isaacman a insisté sur la nécessité d’une « approche agile et compétitive » pour respecter le calendrier et le budget. Le choix de Blue Origin pour la première mission pourrait relancer la dynamique industrielle, après plusieurs années de domination de SpaceX.

Premières réactions et perspectives

Jeff Bezos a salué la décision de la NASA dans un message sur les réseaux sociaux, affirmant que Blue Origin était « prêt à bâtir l’avenir sur la Lune ». De son côté, Elon Musk n’a pas commenté publiquement le choix. Les experts estiment que ce contrat pourrait modifier l’équilibre des forces dans le secteur spatial et accélérer la course à la Lune. La NASA prévoit une première mission habitée vers la base d’ici la fin de la décennie.