La police espagnole a perquisitionné le siège du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à Madrid, mercredi, et saisi plusieurs documents, dans le cadre d’une enquête pour corruption qui s’intensifie. L’opération, ordonnée par un juge, visait à rassembler des preuves sur un présumé réseau de désinformation destiné à entraver des procédures judiciaires impliquant le parti.
Une enquête ciblant une opération de désinformation
Selon les magistrats, les perquisitions visaient à obtenir des documents liés à un présumé complot visant à entraver les procédures judiciaires. L’enquête porte sur des allégations selon lesquelles une employée, Leire Díez, aurait été rémunérée pour mener une campagne de désinformation destinée à faire obstacle à des affaires judiciaires concernant le parti. Elle a également nié tout acte répréhensible. Des perquisitions ont également eu lieu au domicile de hauts responsables du parti et d’un important homme d’affaires.
Une série de scandales touche le parti au pouvoir
Cette nouvelle perquisition survient dans un contexte de multiples scandales qui touchent le parti du Premier ministre Pedro Sánchez. Le chef de l’opposition conservatrice, le Parti populaire (PP), Alberto Núñez Feijóo, a réagi en déclarant que le gouvernement « pue » la corruption et a renouvelé son appel à des élections anticipées. « Combien de perquisitions encore, combien de commissions, combien de pots-de-vin, combien d’argent dans des sacs ? », a-t-il interrogé.
Le Premier ministre Sánchez, qui se trouvait au Vatican pour rencontrer le pape Léon XIV au moment de la perquisition, a indiqué aux journalistes qu’il comptait terminer son mandat de quatre ans et ne convoquerait pas d’élections anticipées.
Des personnalités proches du pouvoir mises en cause
Plusieurs figures politiques sont visées par la justice. Le socialiste Santos Cerdán, ancien secrétaire du parti et allié de longue date de Pedro Sánchez, est une figure clé de cette affaire. Il a déjà nié toute implication dans une précédente affaire où il est accusé, avec d’anciens responsables du parti, d’avoir attribué des marchés publics en échange de pots-de-vin. Il a quitté son poste l’année dernière mais maintient son innocence.
Par ailleurs, l’ancien Premier ministre socialiste José Luis Rodríguez Zapatero a été convoqué pour témoigner devant un tribunal le mois prochain. Il est soupçonné d’avoir utilisé son influence politique pour obtenir un sauvetage financier pour la compagnie aérienne Plus Ultra en 2021, et d’avoir potentiellement bénéficié financièrement de cet accord. Il a toujours nié les faits. Pedro Sánchez a apporté son soutien à son prédécesseur.
Un autre ancien ministre socialiste des Transports, José Luis Ábalos, attend le verdict du tribunal après un procès de quatre semaines où lui et d’autres sont accusés d’avoir perçu des commissions illégales sur des ventes de masques pendant la pandémie de Covid-19.
Des membres de la famille du Premier ministre également poursuivis
Les affaires ne concernent pas uniquement les alliés politiques. Le frère de Pedro Sánchez, David, doit comparaître devant un tribunal jeudi, aux côtés de dix autres prévenus, pour des accusations de trafic d’influence qu’il conteste. Le mois dernier, son épouse Begoña Gómez a été inculpée pour détournement de fonds, trafic d’influence, corruption dans les affaires commerciales et abus de biens sociaux. Elle nie également les charges. Pedro Sánchez a qualifié ces accusations de complot de la droite visant à affaiblir sa coalition.
Un contexte politique fragile
Pedro Sánchez marquera huit années au pouvoir la semaine prochaine. Il dirige actuellement une coalition minoritaire fragile, formée après que le PP conservateur a remporté les élections de 2023 sans parvenir à former un gouvernement. Le dirigeant du PP a appelé les alliés du PSOE à cesser de soutenir un gouvernement qui « pue ».