Une politique du gouvernement écossais visant à attirer les datacentres dits « verts » risque de laisser une part importante des émissions de carbone sans suivi, selon une analyse de l'organisation caritative Action to Protect Rural Scotland (APRS). L'étude, rendue publique récemment, souligne que la définition officielle d'un datacentre vert, inscrite dans la politique nationale en 2022, n'a pas été révisée depuis l'arrivée de l'intelligence artificielle générative, dont les besoins en calcul et en électricité sont considérablement plus élevés.
Une définition obsolète
Les datacentres verts sont présentés comme un pilier du développement économique écossais, dans le cadre d'un effort plus large du Royaume-Uni pour attirer les investissements dans l'IA. Pourtant, l'APRS estime que l'absence de critères actualisés permet à des projets d'IA de revendiquer le label « vert » sans que leur impact climatique réel ne soit pris en compte. La définition actuelle, établie avant le lancement de ChatGPT, ne tient pas compte de la consommation énergétique massive induite par l'entraînement et l'exploitation des modèles d'IA.
Des lacunes préoccupantes
Ariane Burgess, députée écologiste au Parlement écossais (Green MSP) pour la circonscription des Highlands and Islands, a déclaré : « Nous avons urgemment besoin de transparence sur ce qui constitue un datacentre vert et sur la manière dont leurs énormes demandes énergétiques seront accommodées par notre réseau électrique. » Elle a ajouté que, jusqu'à présent, les réponses du gouvernement écossais n'ont apporté aucune clarification.
Un contexte plus large
Cette analyse intervient alors que des développeurs de Google ont récemment sous-estimé de manière significative les émissions de carbone de datacentres proposés au Royaume-Uni, un exemple qui illustre les difficultés à évaluer l'empreinte réelle de ces infrastructures. L'APRS prévient que, sans une mise à jour de la définition, la politique écossaise pourrait conduire à une « masse volumineuse d'émissions de carbone ignorée ».
Appels à une révision
L'organisation caritative demande au gouvernement écossais de clarifier d'urgence ce qu'il entend par datacentre vert, notamment en intégrant des critères liés à la consommation énergétique totale, à la source d'approvisionnement en électricité et à l'impact sur le réseau. Le gouvernement n'a pas encore officiellement répondu à ces critiques, mais la pression monte pour que la définition soit mise à jour face aux réalités de l'IA moderne.