Les efforts de l'administration Trump pour maintenir en service de vieilles centrales au charbon, invoquant une « urgence énergétique », ont déjà coûté des centaines de millions de dollars, dont une grande partie sera répercutée sur les consommateurs. Selon des informations publiées le 14 mai, ces directives, renouvelées tous les 90 jours depuis près d'un an, concernent cinq installations vieillissantes dans quatre États.
Des coûts qui s'accumulent
La centrale J.H. Campbell, située à West Olive dans le Michigan, a déclaré à elle seule 180 millions de dollars de dépenses liées à son fonctionnement depuis le mois de mai de l'année précédente. Sur les cinq centrales concernées, l'une n'a toujours pas brûlé de charbon et une autre a demandé à ce que son ordre de maintien en activité expire. Le département de l'Énergie justifie ces mesures par la hausse de la demande d'électricité et par l'utilisation des centrales lors d'une vague de froid durant l'hiver. Ben Dietderich, porte-parole du département, a affirmé que « ces opérations rappellent que laisser une production fiable être mise hors service contribuerait inutilement aux risques de fiabilité du réseau ».
Une contestation judiciaire
Cette semaine, la Cour d'appel pour le circuit du district de Columbia doit examiner une plainte déposée par le Michigan, le Minnesota, l'Illinois et neuf organisations à but non lucratif. Les plaignants soutiennent que les ordres d'urgence du département de l'Énergie sont illégaux et qu'il n'existe aucune situation d'urgence énergétique. L'affaire se concentre sur la centrale J.H. Campbell, mais ses implications concernent l'ensemble des cinq installations.
Un contexte plus large
L'administration Trump mène une campagne générale pour relancer le charbon aux États-Unis, en assouplissant les réglementations sur les émissions et en offrant des financements pour la modernisation des centrales, malgré les risques sanitaires importants liés à la combustion du charbon et le déclin de cette industrie depuis des années. Les critiques estiment que le recours aux ordres d'urgence n'est pas un moyen efficace, économique ni écologique de répondre à la hausse de la demande d'électricité et d'assurer la stabilité du réseau lors des pics de consommation.