Le constructeur automobile italien Ferrari fait face à une opposition inattendue après le dévoilement de son premier véhicule électrique, la Luce. Présentée lundi 25 mai 2026, cette berline sportive à quatre portes, vendue 550 000 euros (environ 640 000 dollars), a provoqué un tollé parmi les investisseurs et les puristes de la marque.

Depuis le lancement, l'action Ferrari a chuté d'environ 8 %. Les analystes s'interrogent sur l'impact de ce démarrage difficile sur la stratégie d'électrification du groupe. « Le lancement de la Luce met en lumière ces risques », a écrit Harald Hendrikse, analyste automobile chez Citi, après une présentation du véhicule réservée aux analystes à Rome. Il ajoute que « l'effet de la nouvelle voiture sur la perception générale de la marque » reste incertain.

Un design qui divise

Pour la conception de la Luce, Ferrari a fait appel à LoveFrom, l'agence fondée en 2019 par Jony Ive, ancien directeur du design d'Apple, et par le designer industriel Marc Newson. Cette première collaboration externe pour un modèle de série marque une rupture avec la tradition de la maison.

Si certains commentateurs saluent l'ingénierie, l'habitacle et la puissance d'accélération du nouveau modèle, les Ferraristi – les fans de la marque – peinent à adopter son design aux formes arrondies, très éloigné des lignes anguleuses et du rugissement caractéristique des moteurs essence, notamment ceux de la Ferrari F80.

Un accueil glacial sur les réseaux sociaux

Le lancement a également déclenché une avalanche de mèmes moqueurs en Italie et au-delà. Le tollé ne se limite pas aux réseaux sociaux : d'anciens dirigeants de la marque ont publiquement critiqué le virage électrique. L'ancien président de Ferrari a mis en garde contre « la destruction d'une légende », exprimant les craintes des traditionalistes.

Le calendrier de ce lancement complique la tâche de Ferrari. Les constructeurs haut de gamme rencontrent des difficultés particulières pour imposer les véhicules électriques à leur clientèle, attachée aux performances et à l'identité sonore des motorisations thermiques. Ferrari ouvre ce mercredi le carnet de commandes de la Luce, mais l'avenir de son électrification pourrait dépendre de la capacité du groupe à surmonter cette tempête médiatique et boursière.