Un cessez-le-feu d’abord, le reste ensuite
Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à leur conflit suivent un schéma déjà employé par le président américain dans la bande de Gaza : conclure un cessez-le-feu et renvoyer les questions les plus difficiles à des négociations ultérieures. Selon des responsables et des analystes, cette approche a donné des résultats contrastés dans le territoire palestinien, où une trêve avait été conclue l’année dernière entre Israël et le Hamas, mais où la deuxième phase de l’accord est aujourd’hui bloquée.
La proposition actuelle
La dernière proposition de l’administration Trump porte essentiellement sur la levée du blocus du détroit d’Ormuz, cette voie maritime essentielle pour le transport de pétrole et de gaz dans le golfe Persique. L’Iran avait imposé un blocus quasi total après les frappes américaines et israéliennes menées contre le pays à la fin du mois de février, provoquant une flambée des prix de l’énergie et accentuant la pression sur le président Trump sur le plan intérieur, les électeurs subissant une hausse du coût de la vie.
Les discussions sur les objectifs affichés par M. Trump pour déclencher la guerre – des sujets autrement plus contentieux, comme l’arrêt du programme nucléaire iranien, la gestion des arsenaux de missiles et le soutien de Téhéran aux milices dans tout le Moyen-Orient – seraient repoussées à une étape ultérieure.
Parallèle avec Gaza
Ce choix tactique rappelle la méthode employée pour la bande de Gaza. L’année dernière, M. Trump avait négocié une trêve entre Israël et le Hamas. Un accord en deux phases avait été prévu : la première devait instaurer un cessez-le-feu, la seconde – dite « Phase 2 » – prévoyait le désarmement du Hamas et le démarrage de la reconstruction du territoire. Mais cette deuxième phase n’a jamais abouti, les discussions étant restées au point mort.
Les risques d’une victoire apparente
Adopter une approche par étapes dans des négociations complexes peut présenter des avantages, estime Michael Koplow, responsable de la politique générale au sein de l’Israel Policy Forum, un groupe de recherche basé à New York. Mais il souligne qu’elle peut aussi être utilisée par le président pour revendiquer un succès tout en laissant les problèmes fondamentaux non résolus. De plus, selon des analystes, les dirigeants iraniens ont été confortés par le conflit militaire, ce qui les rend moins enclins à faire des compromis dans les futures discussions.
Un pari risqué
L’issue de ce processus demeure incertaine. Si un accord sur le détroit d’Ormuz permettait de désamorcer la crise immédiate et de faire baisser les prix de l’énergie, le report des sujets les plus sensibles – nucléaire, missiles, influence régionale – pourrait fragiliser toute paix durable. L’exemple de Gaza montre qu’une fois la pression retombée, les parties peuvent perdre l’élan nécessaire pour régler les questions les plus épineuses. L’administration Trump parie donc sur une désescalade rapide, mais les obstacles à un règlement global restent entiers.