L’association Foodwatch s’est dite « particulièrement choquée » à la lecture du rapport de la mission flash de l’Assemblée nationale publié le 19 mai sur l’affaire des laits pour bébés contaminés. « Elles voulaient planquer l’information. C’est une honte alors que de nombreux parents étaient désemparés face aux symptômes inquiétants de leurs nourrissons contaminés », a réagi l’organisation.

En janvier 2026, six fabricants de laits infantiles – parmi lesquels Nestlé, Lactalis et Danone – avaient procédé au rappel de boîtes de lait premier âge contaminé à la toxine céréulide via une huile riche en acide arachidonique (ARA). La mission parlementaire révèle que « les industriels n’ont pas forcément fait toutes les diligences pour vérifier, avec le niveau de preuves suffisant, la sécurité de leurs produits », selon la Direction générale de l’alimentation (DGAL).

Des lots laissés sur le marché sans seuil officiel

Les députés sont formels : « Le choix a été fait de laisser sur le marché des lots contenant des traces de céréulide à des taux inférieurs aux seuils utilisés, alors qu’il n’existait pas de seuil de sécurité officiel pour cette toxine dans l’alimentation infantile. » La simple présence de cette substance suffisait pour prouver une contamination, estime la mission.

La loi impose aux industriels d’avertir « immédiatement » les autorités dès qu’un risque dans leurs produits « est susceptible » d’exister pour la santé humaine, rappellent les députés. Or, dans le cas présent, un « retard notable dans l’information des autorités au début de l’alerte a été constaté pour trois entreprises », a déclaré la DGAL.

Signalement à la justice

Ces manquements potentiels ont fait l’objet d’un signalement à la justice, comme l’a révélé le 19 mai une enquête de la cellule investigation de Radio France, en partenariat avec la RTS (Radio télévision suisse) et la RTBF (Radio-télévision belge de la communauté française). Les autorités ont également dû recourir à des mesures administratives contraignantes pour forcer certaines de ces entreprises à organiser les retraits en magasins et rappels de laits infantiles.

Un manque de moyens pour les contrôles

Autre constat des députés : le manque de moyens pour contrôler que les exploitants respectent la réglementation. Les directions départementales de la protection des populations (DDPP) ont souligné être confrontées à des réductions d’effectifs alors même qu’elles exercent désormais l’intégralité des compétences de police sanitaire des aliments.

La mission parlementaire a émis quatorze recommandations pour pallier les dysfonctionnements soulevés par cette affaire.