Les agriculteurs soudanais tirent la sonnette d’alarme : les répercussions du conflit entre les États-Unis et l’Iran entravent gravement la production alimentaire dans un pays déjà fragile. Alors que les combats entre l’armée soudanaise et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) se poursuivent, le blocus des voies maritimes essentielles – en particulier le détroit d’Ormuz – perturbe l’approvisionnement en intrants agricoles.

Hausse des prix du carburant et des engrais Les prix du carburant et des engrais ont fortement augmenté ces dernières semaines, conséquence directe des tensions dans le golfe Persique. Les navires transportant ces produits peinent à traverser le détroit, ce qui réduit l’offre disponible et fait grimper les coûts. Pour les agriculteurs soudanais, déjà accablés par l’insécurité et les difficultés d’accès aux marchés, cette hausse est insoutenable.

Réduction des semis d’été Face à ce choc économique, de nombreux producteurs ont annoncé qu’ils réduisaient la surface de leurs plantations estivales, faute de pouvoir acheter le carburant nécessaire au fonctionnement des pompes d’irrigation et les engrais pour fertiliser les sols. La saison des semis, cruciale pour la sécurité alimentaire du pays, est directement menacée. Selon des témoignages recueillis sur le terrain, certains agriculteurs abandonnent purement et simplement des parcelles entières.

Un contexte déjà catastrophique Le Soudan est en proie depuis plusieurs mois à un conflit armé opposant l’armée régulière aux RSF. Cette guerre a déjà dévasté les infrastructures agricoles, déplacé des millions de personnes et provoqué une famine dans plusieurs régions. L’ajout de la crise maritime liée au conflit irano-américain aggrave une situation humanitaire déjà critique. Les organisations internationales redoutent une nouvelle détérioration de l’accès à l’alimentation pour des millions de Soudanais.

Des conséquences régionales possibles La baisse de la production agricole soudanaise pourrait également affecter les pays voisins, qui dépendent en partie des exportations soudanaises de céréales et de bétail. Les experts alertent sur le risque d’une hausse des prix alimentaires dans toute la région du Nil, alors que plusieurs pays d’Afrique de l’Est sont déjà confrontés à des épisodes de sécheresse et d’insécurité.

Appels à l’aide internationale Des voix s’élèvent pour demander une réponse urgente de la communauté internationale, afin d’éviter que la crise agricole ne se transforme en catastrophe humanitaire à grande échelle. Pour l’instant, aucune mesure concrète n’a été annoncée pour alléger la pression sur les agriculteurs soudanais, pris entre deux feux : la guerre civile et les conséquences lointaines d’un conflit au Moyen-Orient.