Un conseil sans fonds
Créé en janvier par le président américain Donald Trump, le Conseil de la paix pour la reconstruction de Gaza se heurte à une absence totale de financement officiel, malgré des annonces de dons atteignant des milliards de dollars. Selon une source proche du dossier, le conseil n'a pas reçu le moindre dollar depuis sa création. Le Fonds destiné à la reconstruction, administré par la Banque mondiale et approuvé par l'ONU, n'a pas été alimenté, la phase de reconstruction n'ayant pas encore débuté.
Des dons sans transparence
Au lieu d'utiliser ce fonds multilatéral, le conseil a reçu des contributions directement sur un compte ouvert à la banque JPMorgan, a indiqué le porte-parole de l'organisme. Le Financial Times a rapporté qu'aucun dispositif de transparence indépendant n'était en place. De petits versements ont permis de couvrir les frais de fonctionnement, notamment le bureau du Haut représentant Nikolaï Mladenov, mais les montants restent modestes au regard des besoins colossaux.
Un boycott des grandes nations
Les grandes puissances européennes boudent cette initiative, qui accorde une large place aux partenaires historiques des États-Unis au Moyen-Orient, aux alliés idéologiques de Donald Trump et aux petits pays cherchant à attirer son attention. Le ticket d'entrée pour un siège permanent au conseil est fixé à un milliard de dollars. Le président indonésien Prabowo Subianto a récemment exclu que son pays s'acquitte de cette somme.
Des fonds gelés et des besoins immenses
Les Émirats arabes unis ont accordé 100 millions de dollars pour former une nouvelle force de police à Gaza, mais ces fonds sont gelés. En avril, les Nations unies et l'Union européenne, en collaboration avec la Banque mondiale, ont évalué à 71,4 milliards de dollars (61,3 milliards d'euros) les besoins de reconstruction sur les dix prochaines années à Gaza. Nikolaï Mladenov a mis en garde la semaine dernière contre le risque que le statu quo actuel – un cessez-le-feu imparfait dans un territoire divisé et ravagé – devienne permanent.
Une situation humanitaire catastrophique
Jeudi, trois organisations non gouvernementales internationales ont alerté sur une situation humanitaire à Gaza toujours « catastrophique », avec d'importants écarts entre les engagements pris et leur mise en œuvre sur le terrain. L'attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre de Gaza, a fait 1 221 morts côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte établi à partir de données officielles israéliennes. Plus de 72 800 Palestiniens ont été tués dans la campagne militaire de représailles menée par Israël, dont plus de 900 depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.