Le rétablissement partiel de l’accès à Internet en Iran a mis au jour une vague de colère croissante parmi la population, confrontée à une inflation alimentaire galopante. Les autorités iraniennes ont entamé, mardi, la restauration de la connexion au réseau mondial, qui avait été coupée le premier jour de la guerre entre les États-Unis et Israël contre la République islamique, le 28 février, et ce comme lors des manifestations de janvier.

Mercredi, la connectivité restait toutefois inégale : l’accès mobile était encore largement interrompu et de nombreux sites demeuraient bloqués. Mais cette levée partielle a suffi à libérer un flot de critiques sur l’inflation des prix et les pénuries alimentaires.

Des chiffres alarmants

Les données officielles font état d’une hausse annuelle de 308 % pour l’huile de cuisson, de 190 % pour le poulet et de 170 % pour le riz. Ces augmentations spectaculaires frappent durement le pouvoir d’achat des ménages. « Tout est si cher. C’est devenu un désastre. Vous quittez le marché le cœur brisé après avoir dépensé toutes vos économies », a écrit un utilisateur sur les réseaux sociaux. Un autre a témoigné : « C’est insupportable. Nous n’avons plus de patience pour mener une vie normale. »

Le contexte politique

Cette levée partielle intervient dans un climat de tensions exacerbées. La guerre américano-israélienne contre l’Iran, déclenchée fin février, avait motivé la coupure totale d’Internet. Les autorités avaient alors justifié cette mesure par des impératifs de sécurité. Aujourd’hui, le gouvernement du président Massoud Pezeshkian tente de rétablir une connectivité minimale, mais la situation économique demeure explosive.

Une grogne qui monte

Au-delà des prix, les pénuries de produits de base alimentent le mécontentement. Les témoignages recueillis sur les rares canaux numériques encore accessibles décrivent des rayons vides et des files d’attente devant les magasins. L’inflation des produits alimentaires, combinée à la baisse du pouvoir d’achat, pousse de nombreux Iraniens à exprimer leur ras-le-bol.

Les restrictions actuelles rendent difficile une mobilisation à grande échelle, mais la colère sourde pourrait se transformer en contestation ouverte si la situation ne s’améliore pas. Le gouvernement Pezeshkian, déjà fragilisé par le conflit, doit composer avec une population excédée par des années de sanctions et de crise économique.

Des perspectives incertaines

Alors que la guerre se poursuit et que les sanctions internationales s’aggravent, les perspectives économiques de l’Iran restent sombres. La levée partielle d’Internet offre une soupape de décompression, mais elle expose aussi l’ampleur de la détresse sociale. Les autorités, qui peinent à rassurer, pourraient être contraintes d’accélérer la normalisation de l’accès au réseau si elles veulent éviter une explosion sociale.