La guerre en Iran exacerbe le ralentissement de la demande chinoise de pétrole, au point que les importations de brut de la deuxième économie mondiale s’apprêtent à retomber à leurs plus bas niveaux depuis les premiers confinements de la pandémie de Covid-19. Selon des données de suivi des flux pétroliers, les arrivées de pétrole brut sur les côtes chinoises ont fortement chuté ces dernières semaines, tendance qui devrait se poursuivre dans les mois à venir.

Cette contraction s’explique par l’effet conjugué de plusieurs facteurs. D’une part, l’escalade du conflit entre l’Iran et ses voisins – et les perturbations qui en découlent dans le détroit d’Ormuz – réduit les volumes disponibles pour les acheteurs asiatiques. D’autre part, la demande intérieure chinoise reste atone, pénalisée par la crise immobilière, le ralentissement industriel et une consommation de carburant inférieure aux attentes. Les raffineurs chinois ont d’ailleurs réduit leur production, anticipant une faiblesse persistante de la demande.

Des niveaux inédits depuis le début de la pandémie Les chiffres récents indiquent que les importations chinoises de brut pourraient avoisiner les 8 millions de barils par jour, seuil qui n’avait plus été franchi depuis les mois les plus sévères du Covid-19. À titre de comparaison, la moyenne de 2024 se situait autour de 10,5 millions de barils quotidiens. Ce repli de près de 25 % illustre l’ampleur de la transformation en cours dans la plus grande nation importatrice de pétrole.

Les analystes du marché pétrolier notent que la tendance reflète à la fois un choc d’offre lié au conflit iranien et une faiblesse structurelle de la demande chinoise. La guerre a en effet contraint Pékin à diversifier ses sources d’approvisionnement, notamment vers la Russie et l’Afrique, mais ces alternatives ne compensent pas entièrement les volumes perdus dans le golfe Persique.

Implications pour les marchés mondiaux Le désengagement progressif de la Chine du marché pétrolier a des répercussions globales. Alors que les prix du brut restent sous pression en raison des craintes de récession mondiale, la diminution des achats chinois pourrait accentuer la baisse des cours. Cependant, les perturbations d’approvisionnement provoquées par la guerre en Iran limitent l’ampleur du recul. Les investisseurs surveillent de près tout signe d’escalade supplémentaire qui raviverait les tensions sur les prix.

À plus long terme, ce déclin interroge sur la stratégie énergétique de la Chine : le pays accélère le déploiement des énergies renouvelables et des véhicules électriques, réduisant mécaniquement sa dépendance aux hydrocarbures. Le conflit iranien agit comme un révélateur de cette mutation, exposant la vulnérabilité d’une économie encore très tributaire du pétrole importé mais dont l’appétit semble bel et bien s’émousser.