Un rassemblement massif malgré la chaleur
Plus de 1,7 million de pèlerins musulmans ont entamé cette semaine le grand pèlerinage (hadj) à La Mecque, en Arabie saoudite. Mardi, les fidèles ont accompli la station rituelle sur le mont Arafat, considérée comme l’un des moments les plus importants du hadj. Sous une chaleur écrasante, les thermomètres ont grimpé jusqu’à 45 degrés Celsius.
Cette affluence record se déroule dans un contexte sécuritaire et sanitaire particulièrement surveillé par les autorités saoudiennes. Le royaume a mobilisé des milliers d’agents, des équipes médicales et des infrastructures de brumisation pour tenter de limiter l’impact des fortes températures sur les pèlerins.
Le mont Arafat, cœur spirituel du hadj
Le mont Arafat, situé à une vingtaine de kilomètres de La Mecque, est le lieu où le prophète Mahomet aurait prononcé son dernier sermon. Les pèlerins y passent la journée en prière et en recueillement, de midi au coucher du soleil. Cette étape est considérée comme le sommet du hadj ; sans elle, le pèlerinage est réputé invalide.
Les images diffusées depuis le site montrent une mer humaine blanche, les fidèles vêtus de l’ihram (tenue rituelle simple) élevant les mains vers le ciel. Beaucoup portent des ombrelles ou s’abritent sous des auvents installés par les autorités.
Des mesures pour faire face aux fortes températures
Face à des conditions météorologiques extrêmes – le mercure a dépassé les 45 °C dans l’après-midi –, l’Arabie saoudite a déployé des dispositifs de lutte contre la chaleur : points d’eau, brumisateurs géants, tentes climatisées et une présence médicale renforcée. Les autorités recommandent aux pèlerins de s’hydrater régulièrement et d’éviter les heures les plus chaudes pour les déplacements.
Malgré ces précautions, plusieurs cas de malaise liés à la chaleur ont été signalés, sans que les autorités n’aient communiqué un bilan précis à ce stade. En 2024, plus de 1 300 décès avaient été recensés durant le hadj, dont une grande majorité imputable à la chaleur.
Un pèlerinage sous haute surveillance
Le hadj 2026 se déroule par ailleurs dans un contexte régional tendu, mais l’Arabie saoudite a mis en place un important dispositif sécuritaire. Plus de 2 000 caméras de surveillance et des drones sont utilisés pour gérer les flux et prévenir les mouvements de foule. Des forces de sécurité sont déployées sur l’ensemble des lieux saints.
Les autorités saoudiennes ont également renforcé les contrôles sanitaires, exigeant des pèlerins des certificats de vaccination contre plusieurs maladies. Aucune épidémie majeure n’a été signalée pour l’instant.
Un pèlerinage aux retombées économiques et diplomatiques
Le hadj représente chaque année une source de revenus importante pour l’Arabie saoudite, qui cherche à diversifier son économie via le tourisme religieux. Avec plus de 1,7 million de participants cette année, le royaume se rapproche des niveaux d’avant la pandémie de Covid-19. Les autorités ont indiqué que des contingents de pèlerins venus de plus de 150 pays sont présents.
Sur le plan diplomatique, ce pèlerinage est aussi l’occasion pour Riyad de soigner son image de gardienne des lieux saints de l’islam, dans un contexte de concurrence régionale et de tensions géopolitiques.
Des défis logistiques immenses
La gestion d’une telle foule – plus de 1,7 million de personnes sur un espace restreint – représente un défi logistique colossal. Les autorités saoudiennes travaillent en coordination avec les délégations étrangères pour assurer le transport, l’hébergement et la restauration des pèlerins. Les trains, bus et taxis sont réquisitionnés pour acheminer les fidèles entre La Mecque, Médine et les sites sacrés.
Le hadj doit se poursuivre dans les jours qui viennent avec les rites de lapidation des stèles à Mina et les circuits autour de la Kaaba à La Mecque. Les autorités appellent les pèlerins à la patience et au respect des consignes pour que le pèlerinage se déroule dans les meilleures conditions possibles.