Le patron du distributeur britannique Next a tiré la sonnette d’alarme sur la diminution « dramatique » du nombre d’emplois de début de carrière au Royaume-Uni, un phénomène qu’il juge directement responsable de la hausse du chômage des jeunes.
Lord Wolfson, qui dirige l’enseigne de vêtements et d’articles pour la maison depuis 2001, a indiqué que le groupe recevait désormais en moyenne 19 candidatures pour chaque poste dans ses magasins, contre seulement 10 il y a deux ans. « Ce doublement des candidatures pour les emplois en magasin témoigne de l’ampleur de la crise actuelle du chômage des jeunes », a-t-il déclaré.
Un contexte économique tendu
Ces chiffres illustrent une pression croissante sur le marché du travail pour les jeunes sans expérience. Selon Lord Wolfson, la raréfaction des postes accessibles sans formation préalable fragilise tout un pan de la population active, alors même que le coût de la vie reste élevé pour les ménages britanniques.
Les propos du dirigeant interviennent alors qu’un rapport commandé par le gouvernement doit être publié prochainement. Ce document, rédigé par l’ancien ministre Alan Milburn, devrait conclure que l’exécutif n’est pas parvenu à endiguer la progression du nombre de jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (les « Neet »). Il appellerait à un « réinitialisation du système » et à une refonte des allocations santé et invalidité.
Des signaux qui s’accumulent
L’avertissement de Lord Wolfson s’ajoute à d’autres indicateurs préoccupants pour l’économie britannique. Le même jour, une analyse distincte a mis en garde contre le maintien de prix élevés pour les consommateurs « pendant de nombreux mois encore ». La combinaison d’une inflation persistante et d’un accès réduit à l’emploi pour les jeunes crée un risque de creusement des inégalités.
Next, l’un des plus grands détaillants de mode du pays, sert ici de baromètre : la forte hausse du nombre de candidats par poste suggère que l’offre d’emplois peu qualifiés ne suit pas la demande. Pour Lord Wolfson, la situation est « le signe d’une crise majeure » qui nécessite une réponse urgente des pouvoirs publics.
Quelles solutions en discussion ?
Le rapport Milburn, dont la publication est imminente, devrait formuler des recommandations pour réformer le système de prestations et encourager la reprise d’activité. Le gouvernement, de son côté, n’a pas encore réagi officiellement aux dernières déclarations du dirigeant de Next. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si les mesures annoncées parviendront à inverser la tendance.