La vie politique espagnole est secouée par ce que l'on appelle déjà le « scandale Zapatero ». L'ancien président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero a été mis en examen pour trafic d'influence dans une affaire de corruption présumée impliquant des membres éminents du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Le coup de tonnerre est survenu avec une perquisition menée ce mercredi au siège national du parti, à Madrid, événement inédit qui a placé l'exécutif sous une pression maximale.

Un « cas Zapatero » qui empoisonne la Moncloa

L'affaire, dont les détails filtrent par à-coups, porte sur des soupçons de versements occultes et de faveurs obtenues en échange de contrats publics entre 2005 et 2012, période durant laquelle M. Zapatero était au pouvoir. Selon les informations communiquées par le tribunal compétent, les enquêteurs cherchent à établir si l'ancien dirigeant a usé de son influence pour favoriser un réseau d'entrepreneurs proches du PSOE. L'enquête, qui serait en cours depuis plusieurs mois, a brusquement accéléré avec l'intervention des forces de l'ordre au siège du parti.

La droite et l'extrême droite à l'assaut

Les réactions de l'opposition ont été immédiates et d'une virulence inédite. Le Parti populaire (PP, droite) et Vox (extrême droite) ont réclamé la convocation urgente du Congrès des députés et la démission du chef du gouvernement, Pedro Sánchez, l'accusant d'être le « garant » d'un système corrompu. Isabel Díaz Ayuso, présidente de la communauté de Madrid et figure de proue du PP, a qualifié la situation de « putréfaction morale du sanchisme ». Le leader de Vox, Santiago Abascal, a évoqué un « État mafieux » et exigé la tenue d'élections anticipées.

Un PSOE en état de choc et sous perfusion parlementaire

Au sein du parti au pouvoir, la consternation domine. Plusieurs cadres socialistes, interrogés par la presse, ont exprimé leur « stupeur » et leur « inquiétude ». La direction du PSOE a tenté de minimiser l'impact en rappelant la présomption d'innocence de l'ancien président Zapatero, tout en affirmant son « respect total pour l'indépendance de la justice ». Cependant, plusieurs députés socialistes, sous couvert d'anonymat, confient leur crainte que cette affaire ne vienne gripper la fragile coalition gouvernementale avec Sumar et les partis indépendantistes.

Pedro Sánchez s'est exprimé brièvement depuis le palais de la Moncloa, réaffirmant sa « confiance dans la justice » et appelant à ne pas « jeter l'opprobre sur tout un parti pour les actes présumés d'un ancien dirigeant ». Une ligne de défense qui peine à convaincre face à la multiplication des affaires judiciaires touchant le PSOE ces dernières années : le « cas Koldo » de corruption durant la pandémie, les enquêtes sur la femme du chef du gouvernement, Begoña Gómez, et désormais le « cas Zapatero ».

Des conséquences politiques immédiates

Le Parlement européen a également été saisi de la question par des eurodéputés du PPE, qui demandent une mise sous surveillance des fonds européens gérés par l'Espagne. Dans ce contexte, la négociation du budget 2026, déjà tendue, semble compromise. L'avenir politique immédiat de Pedro Sánchez, affaibli mais toujours en place, dépend de sa capacité à maintenir le soutien de ses alliés parlementaires, alors qu'un vent de scandale souffle sur l'ensemble de la gauche espagnole.