Les États-Unis et l'Iran ont signalé ces derniers jours qu'ils se rapprochaient d'un accord pour mettre fin au conflit qui les oppose depuis le 28 février. Aucune des deux parties n'a toutefois publié le texte de l'éventuel accord, et les descriptions données par les responsables américains et iraniens divergent sur plusieurs points fondamentaux.
Cinq grands dossiers sont au cœur des négociations : le programme nucléaire iranien, le contrôle du détroit d'Ormuz, les avoirs iraniens gelés, les milices alliées de Téhéran et le programme de missiles balistiques de l'Iran. Les positions respectives restent floues sur plusieurs de ces sujets, selon des entretiens menés avec des responsables des deux camps.
Le programme nucléaire
Le président Donald Trump a répété que l'Iran devait renoncer à son stock d'uranium hautement enrichi, que les États-Unis et Israël estiment pouvoir servir à fabriquer une arme atomique. L'Iran a jusqu'ici résisté à cette exigence.
Selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Iran possède environ 440 kilogrammes d'uranium enrichi à 60 %, ainsi que quelque 11 tonnes d'uranium enrichi à divers niveaux. Un responsable américain a déclaré dimanche que les deux pays étaient parvenus en principe à un accord prévoyant l'élimination de cet uranium hautement enrichi, le mécanisme de destruction restant à négocier.
Ce même responsable a précisé que l'accord n'incluait pas de moratoire sur l'enrichissement, cette question devant être abordée lors de discussions ultérieures. Lors de précédents cycles de négociations, Washington avait réclamé un engagement d'au moins vingt ans de la part de l'Iran. Le secrétaire d'État Marco Rubio a estimé dimanche que l'administration était prête à accepter un accord intérimaire qui ne supprimerait pas immédiatement la capacité nucléaire iranienne. « On ne règle pas une question nucléaire en 72 heures sur un coin de table », a-t-il déclaré lors d'une visite en Inde, laissant entendre que les États-Unis pourraient renouveler leurs menaces de frapper l'Iran si les négociations n'aboutissaient pas sous deux mois.
Mais trois hauts responsables iraniens ont affirmé samedi qu'aucun accord n'avait été conclu sur le stock nucléaire. Selon eux, toutes les questions nucléaires seraient négociées dans un délai de 30 à 60 jours. Il n'était pas clair si la proposition évoquée par les responsables iraniens correspondait au même projet de mémorandum que celui mentionné par le président Trump.
Le détroit d'Ormuz
Avant le début de la guerre, le détroit d'Ormuz – voie maritime stratégique pour le transport du pétrole et du gaz – était librement ouvert à la navigation. Après l'offensive américano-israélienne du 28 février, l'Iran a effectivement fermé le détroit en frappant des navires marchands, provoquant une flambée des prix de l'énergie. En avril, les États-Unis ont imposé un blocus naval contre les ports iraniens et les navires liés à l'Iran dans le monde. Téhéran a ensuite tenté d'affirmer son contrôle en exigeant un péage pour le passage.
Les responsables iraniens ont indiqué que, dans le cadre de l'accord proposé, l'Iran autoriserait les navires à traverser le détroit sans paiement – du moins pour le moment – à condition que les États-Unis lèvent leur blocus. Le président Trump a laissé entendre dimanche que Washington pourrait être ouvert à la levée de ce blocus. Les experts rappellent que la perception d'un droit de passage est contraire au droit international et aux règles de la navigation.
Les autres enjeux
Les trois autres dossiers – les avoirs iraniens gelés à l'étranger, les milices que l'Iran soutient dans la région (notamment au Yémen, en Irak et au Liban) et le programme de missiles balistiques – n'ont pas fait l'objet de déclarations aussi précises de la part des responsables. Ils devraient être abordés dans des phases ultérieures des négociations, mais aucune échéance n'a été rendue publique.
Alors que les discussions se poursuivent, les deux capitales semblent vouloir éviter une prolongation indéfinie du conflit, mais les divergences de fond demeurent importantes. La communauté internationale suit de près l'évolution des pourparlers, conscients que l'issue de ces négociations pourrait redessiner les équilibres stratégiques au Moyen-Orient.