La guerre en Iran a bouleversé le marché hypothécaire britannique. Alors que les taux fixes augmentent sous l’effet de la hausse des prix du pétrole et du gaz, les prêts à taux variable, appelés « tracker mortgages », retrouvent une place de choix dans les discussions des acheteurs et des propriétaires cherchant à renégocier leur crédit.
Un regain d’intérêt spectaculaire
Selon des données récentes, le nombre de demandes de prêts à taux variable a plus que triplé entre mars et avril. Un courtier interrogé confirme que ces produits « sont de retour dans la conversation ». Longtemps délaissés au profit des taux fixes, jugés plus sûrs et souvent moins chers, les trackers séduisent à nouveau grâce à un différentiel de coût devenu favorable.
Pourquoi les taux fixes ont augmenté
La guerre en Iran a provoqué une flambée des prix de l’énergie, nourrissant les craintes d’une inflation plus forte. Cette perspective a entraîné une hausse des taux de swap sur les marchés monétaires, que les banques utilisent pour fixer leurs offres de prêts à taux fixe. Résultat : les meilleures offres fixes sont aujourd’hui plus chères que les trackers les moins chers.
Fonctionnement d’un tracker
Un prêt tracker suit l’évolution du taux de base de la Banque d’Angleterre. Si le taux directeur augmente, le taux du prêt augmente aussi ; s’il baisse, le coût du crédit diminue. Cette flexibilité peut être avantageuse en période de stabilité ou de baisse des taux, mais elle expose l’emprunteur à des hausses soudaines.
Avantages et inconvénients
L’attrait principal d’un tracker réside dans son taux de départ sensiblement inférieur à celui d’un fixe, ce qui allège immédiatement les mensualités. En revanche, l’incertitude sur l’évolution future des taux demeure un risque. Certains experts préviennent que le Royaume-Uni pourrait connaître de nouvelles hausses de taux d’intérêt dans les mois à venir, ce qui rendrait un tracker moins intéressant.
Que choisir ?
Le choix dépend de la situation personnelle de l’emprunteur et de son appétit pour le risque. Un prêt fixe offre une sécurité budgétaire totale, tandis qu’un tracker peut permettre de réaliser des économies à court terme si les taux ne montent pas. Les conseillers recommandent de comparer attentivement les offres et de tenir compte de l’horizon de remboursement.
Une tendance à suivre de près
Le retour en grâce des trackers s’inscrit dans un contexte géopolitique et économique incertain. Les prochains mouvements de la Banque d’Angleterre seront déterminants. En attendant, les emprunteurs disposent d’une palette de produits plus variée qu’il y a quelques mois, avec des options potentiellement avantageuses pour ceux qui savent en évaluer les risques.