Les prix du pétrole ont nettement augmenté mardi, au lendemain de l'annonce par les États-Unis de frappes contre des sites de lancement de missiles en Iran, un développement qui compromet les espoirs d'un accord de paix dans la région.

Hausse des cours du brut

Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, a grimpé de 3,5 % pour s'établir à 96,67 dollars pour livraison en août, contrat le plus négocié actuellement. Le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a également progressé tout au long de la journée pour clôturer à 93,89 dollars pour livraison en juillet, son contrat le plus actif.

Les frappes et le contexte régional

Ces frappes interviennent après que des signaux israéliens ont indiqué une intensification de la campagne contre le Hezbollah, la milice libanaise soutenue par l'Iran. Téhéran a conditionné tout accord de paix à la résolution à la fois de son conflit avec les États-Unis et Israël et des combats entre le Hezbollah et l'État hébreu, ce qui complique les efforts pour une trêve durable.

Marchés boursiers en ordre dispersé

L'indice S&P 500 a gagné 0,6 % à la Bourse de New York. En Asie, les marchés ont été contrastés : le Nikkei japonais et l'indice de la Chine continentale ont reculé, tandis que le KOSPI sud-coréen a bondi d'environ 3 %. En Europe, les indices sont restés atones : le Stoxx 600 a cédé 0,6 %, tandis que le FTSE 100 britannique a légèrement progressé de 0,2 %.

Prix à la pompe : une légère détente

Malgré la hausse du brut, le prix moyen de l'essence aux États-Unis a reculé d'un cent pour s'établir à 4,50 dollars le gallon, selon l'automobile club AAA. Depuis le début de la guerre, ce prix a pourtant bondi de 51 %. Le gazole a perdu 2 cents pour atteindre 5,58 dollars le gallon, soit une hausse de 48 % depuis le début du conflit. Les prix à la pompe suivent généralement l'évolution du brut avec un décalage de quelques jours.

Risques inflationnistes persistants

Des analystes d'Oxford Economics ont révisé leurs prévisions pour les prochaines années, estimant que « le choc pétrolier pourrait avoir des effets de second tour plus durables sur l'inflation ». Une hausse de l'inflation cette année leur paraît « inévitable », et les risques que les prix restent élevés en 2027 et au-delà sont « orientés à la hausse ». Ils ajoutent que l'effet habituel de ralentissement de la demande lié à la hausse des prix est désormais « plus limité que ce que les décideurs, en particulier les banques centrales, ont tendance à croire », en raison de la « tension inhérente » entre les banques centrales et les gouvernements : ces derniers protègent les consommateurs via des subventions et des stabilisateurs automatiques, ce qui atténue le frein sur la demande.