Les réseaux sociaux représentent une menace pour la santé des adolescents d'une ampleur équivalente à celle de la cigarette, selon une prise de position inédite des plus hautes instances médicales du Royaume-Uni. L'Academy of Medical Royal Colleges, qui coordonne les institutions médicales britanniques, a publié une déclaration solennelle alertant sur les conséquences de l'exposition sans limite des mineurs aux technologies numériques.

Un consensus clinique sans précédent

« Peu de sujets ont suscité un consensus aussi large parmi les cliniciens ces dernières années que l'impact que l'exposition sans limite aux technologies et aux appareils a actuellement sur la santé des enfants et des jeunes », indique l'organisme. Ce constat est le fruit d'une consultation auprès de 132 médecins. Plus de la moitié d'entre eux déclarent traiter au moins un cas par semaine de problème de santé lié à la technologie. Plus d'un tiers du panel rapportent même plusieurs cas par semaine.

Des troubles physiques et psychiques variés

Les pathologies observées sont multiples. Elles incluent des blessures physiques, par exemple liées à la reproduction d'actes de pornographie extrême, jusqu'à des troubles de santé mentale provoqués par l'exposition à des contenus violents ou traumatisants. Ces données confirment une tendance déjà signalée par de nombreux pédiatres et psychologues, mais qui n'avait jamais été formalisée à un tel niveau d'autorité.

Un appel à la régulation

Cette alerte intervient dans un contexte où plusieurs pays durcissent leur législation concernant l'accès des mineurs aux réseaux sociaux. L'Australie a déjà adopté une mesure interdisant les plateformes aux moins de 15 ou 16 ans, selon les cas. En France, un texte similaire est en cours d'examen. Au Royaume-Uni, le débat sur une éventuelle interdiction s'intensifie, et la position de l'Academy of Medical Royal Colleges pourrait peser dans les décisions à venir.

L'organisme insiste sur l'urgence d'agir : « Les cliniciens sont aujourd'hui en première ligne pour constater les dégâts. Il est temps que les autorités prennent la mesure de ce problème de santé publique. » Aucune proposition concrète de restriction n'a toutefois été formulée par les médecins, mais leur déclaration place clairement la santé des jeunes au cœur des discussions sur la régulation numérique.