L'administration Trump a annoncé jeudi avoir conclu des accords préliminaires pour fournir 2 milliards de dollars de financement à neuf entreprises liées à l'informatique quantique, tout en prenant des participations au capital de ces sociétés. Cette initiative vise à accélérer le développement d'un domaine technologique émergent aux États-Unis, porteur d'innovations dans la médecine, les affaires et la science.
Le département du Commerce a précisé avoir signé des lettres d'intention avec les entreprises concernées, allouant des fonds provenant de la loi CHIPS and Science Act de 2022. Le gouvernement recevra une « participation minoritaire et non contrôlante dans chaque entreprise », afin d'« améliorer le rendement pour le contribuable américain ».
Répartition des fonds
La majeure partie des investissements est destinée à deux bénéficiaires : GlobalFoundries et IBM, pour la construction de fonderies dédiées aux technologies quantiques. IBM recevra 1 milliard de dollars et GlobalFoundries 375 millions de dollars. IBM a annoncé qu'elle investirait un milliard de dollars supplémentaires aux côtés du gouvernement pour créer une nouvelle société, Anderon, à Albany, dans l'État de New York.
Sept autres entreprises – Atom Computing, D-Wave, Infleqtion, PsiQuantum, Quantinuum et Rigetti – recevront chacune 100 millions de dollars, tandis que Diraq se verra attribuer 38 millions de dollars. Ces fonds serviront à relever des défis techniques liés à divers composants et matériaux, à développer des systèmes d'ingénierie sous-jacents et à mener d'autres travaux connexes.
Une nouvelle stratégie d'investissement public
Ces investissements s'inscrivent dans une stratégie inédite de l'administration Trump, qui acquiert des participations au capital d'entreprises privées, estimant que cette approche offrira davantage de bénéfices aux contribuables que les subventions et prêts gouvernementaux traditionnels. Avec ces nouvelles opérations, le gouvernement détient désormais des participations dans plus d'une vingtaine de sociétés privées.
L'an dernier, l'exécutif avait déjà pris des participations – ou négocié la possibilité d'en obtenir – dans Intel, U.S. Steel, Westinghouse, MP Materials et d'autres entreprises. Dans un communiqué publié cette semaine, la Maison-Blanche a mis en avant la hausse de la valeur de la participation gouvernementale dans Intel, après la progression récente du titre en Bourse.
Objectifs et implications
Les ordinateurs quantiques exploitent les propriétés déroutantes de la mécanique quantique pour offrir une accélération considérable de la puissance de calcul. Ces machines peuvent être utilisées pour découvrir des médicaments, réaliser d'autres innovations scientifiques, analyser des marchés et des chaînes d'approvisionnement, ou encore briser les systèmes de chiffrement modernes.
Le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, a déclaré que ces investissements créeraient des milliers d'emplois bien rémunérés et renforceraient les capacités quantiques du pays. « Avec ces investissements dans la recherche et le développement de l'informatique quantique au titre de la loi CHIPS, l'administration Trump mène le monde vers une nouvelle ère d'innovation américaine », a-t-il affirmé.
L'administration espère ainsi que ces participations permettront de soutenir une filière stratégique tout en garantissant un retour sur investissement pour les finances publiques, dans un contexte de compétition technologique accrue avec d'autres nations, notamment la Chine.