Les forces américaines ont mené, mercredi 27 mai, de nouvelles frappes dites « d'autodéfense » dans le sud de l'Iran, a indiqué un responsable américain sous couvert d'anonymat. Cette opération intervient pour la deuxième fois en trois jours, après des frappes similaires lundi contre des sites de lancement de missiles et des bateaux iraniens.

Selon le responsable, les États-Unis ont d'abord abattu quatre drones d'attaque « one-way » (à sens unique) lancés par l'Iran au-dessus du détroit d'Ormuz. Ces appareils menaçaient les forces américaines déployées dans la région ainsi que le peu de trafic maritime commercial encore présent dans le détroit, que l'Iran a effectivement bloqué. L'armée américaine a ensuite mené des frappes aériennes contre une station de contrôle au sol de drones située à Bandar Abbas, avant qu'un cinquième drone ne puisse être tiré.

Des frappes consécutives à des mouvements iraniens

Lundi, les États-Unis avaient déjà frappé des sites de lancement de missiles et des bateaux iraniens qui tentaient de poser des mines, avait alors déclaré le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du Commandement central américain (CENTCOM). Des avions de combat américains avaient coulé deux vedettes rapides des Gardiens de la révolution islamique qui tentaient de miner le détroit d'Ormuz, une voie maritime vitale qui transportait environ un cinquième de l'approvisionnement mondial quotidien en pétrole avant la guerre, et que l'Iran a depuis effectivement bloquée.

Des analystes du renseignement américain avaient détecté une série d'actions militaires iraniennes potentiellement menaçantes dans les vingt-quatre heures précédant les frappes de lundi, selon deux responsables américains. L'Iran avait notamment lancé des drones d'attaque près des avions de guerre américains et d'une vingtaine de navires de guerre déployés dans le golfe d'Oman et la mer d'Arabie pour faire respecter un blocus contre les navires tentant d'entrer ou de quitter les ports iraniens. Une activité avait également été détectée sur certains sites de missiles sol-air iraniens près du détroit, menaçant les avions d'attaque basés au sol et sur porte-avions opérant dans le cadre du blocus naval.

Un cessez-le-feu potentiel en jeu

Des responsables américains ont suggéré mardi que les Gardiens de la révolution pourraient tester les limites de l'accord potentiel fragile que le président Donald Trump a présenté comme pouvant mettre fin à la guerre et rouvrir le détroit d'Ormuz. Les frappes de ces derniers jours interviennent alors que cet accord, encore officieux, donne aux forces iraniennes une marge de manœuvre que Téhéran pourrait chercher à éprouver.

Les opérations américaines ont été présentées comme des « frappes d'autodéfense » visant à protéger les troupes des menaces posées par les forces iraniennes, selon le capitaine Hawkins. Aucun bilan précis des pertes iraniennes ou américaines n'a été communiqué à ce stade, et l'étendue exacte des dégâts matériels n'a pas été confirmée par des sources indépendantes.

Le détroit d'Ormuz, enjeu stratégique

Le détroit d'Ormuz, situé entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, est un point de passage essentiel pour le transport pétrolier mondial. Avant les hostilités, il voyait transiter environ 20 % de la consommation quotidienne de pétrole de la planète. Le blocus effectif imposé par l'Iran perturbe gravement le commerce maritime et a des répercussions économiques mondiales, tandis que les États-Unis maintiennent une présence navale importante pour tenter de le briser.

Ces frappes répétées soulignent la fragilité de toute trêve et la persistance des affrontements dans la région, alors que les négociations indirectes entre Washington et Téhéran se poursuivent sans accord définitif.