Le gouvernement américain a annoncé son intention de fournir du plutonium issu de démantèlement d'armes atomiques pour alimenter des centrales nucléaires civiles. Cette décision, qui s’inscrit dans le cadre du programme de non-prolifération et de relance de l’énergie nucléaire, a immédiatement fait bondir l’action d’Oklo, une entreprise spécialisée dans les petits réacteurs modulaires et soutenue par le milliardaire Sam Altman.

Le programme prévoit la transformation de plutonium de qualité militaire, jusqu’ici stocké dans l’attente d’un démantèlement ou d’un traitement, en combustible utilisable par les réacteurs de nouvelle génération. Cette initiative répond à plusieurs objectifs : réduire les stocks de matières fissiles dangereuses, soutenir le développement de réacteurs avancés et diversifier les sources d’approvisionnement en combustible nucléaire.

Oklo, entreprise californienne dirigée par Jacob DeWitte, développe des réacteurs à neutrons rapides capables de brûler des combustibles innovants, y compris à base de plutonium. La société a vu son action grimper en Bourse après l’annonce, les investisseurs anticipant une demande accrue pour ses technologies. Sam Altman, cofondateur d’OpenAI, est l’un des principaux soutiens financiers d’Oklo.

Le département américain de l’Énergie (DOE) n’a pas encore précisé les volumes de plutonium concernés ni le calendrier précis du programme. Cependant, des sources proches du dossier indiquent que les premiers lots pourraient être livrés d’ici deux à trois ans, sous réserve des autorisations réglementaires. Le plutonium proviendrait des ogives retirées dans le cadre des accords de désarmement avec la Russie, même si ce volet pourrait être ralenti par les tensions géopolitiques actuelles.

Cette annonce marque un tournant dans la politique énergétique américaine, qui cherche à concilier sécurité nationale, transition bas-carbone et compétitivité industrielle. Les réacteurs avancés, comme ceux d’Oklo, sont présentés comme plus sûrs et plus flexibles que les centrales classiques, et pourraient jouer un rôle clé dans l’atteinte des objectifs climatiques du pays.

Plusieurs experts en non-prolifération ont toutefois exprimé des réserves, soulignant les risques potentiels liés à la manipulation et au transport de plutonium militaire. Le gouvernement assure que toutes les mesures de sécurité nécessaires seront mises en place, avec un contrôle strict de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

L’initiative américaine intervient alors que plusieurs pays, dont la France et le Japon, explorent également des solutions pour recycler le plutonium issu du démantèlement ou du retraitement des combustibles usés. La conversion de matières militaires en usage civil reste toutefois une première à une telle échelle.