Un nouveau front juridique pour Elon Musk.
Le gouvernement fédéral américain envisage d'intervenir en faveur de xAI, la société d'intelligence artificielle d'Elon Musk, dans le cadre d'une plainte déposée par la NAACP. Celle-ci accuse l'entreprise d'exploiter sans autorisation des turbines à gaz dans le Mississippi pour alimenter un immense centre de données, selon des documents judiciaires rendus publics.
La NAACP, principale organisation de défense des droits civiques aux États-Unis, a saisi la justice en avril dernier. Elle affirme que xAI et sa filiale MZX Tech ont installé 27 turbines à gaz sans permis d'air à Southaven (Mississippi) – un site qui accueille le centre de données Colossus 2, dédié à l'entraînement du chatbot Grok. Ces équipements constitueraient une centrale électrique de fait, émettant des polluants nocifs à proximité d'une communauté majoritairement afro-américaine. Selon la plainte, les émissions annuelles d'oxydes d'azote, précurseurs du smog, pourraient atteindre 1 700 tonnes.
Des turbines qualifiées de « mobiles » par xAI
De son côté, xAI a toujours soutenu que ses turbines étaient mobiles et temporaires, ce qui les exempterait d'obligations de permis d'air plus strictes. L'entreprise a également fait valoir que les turbines à gaz constituent une alternative plus propre que le charbon ou les groupes électrogènes diesel. Depuis le dépôt de la plainte, le nombre de turbines sur le site est passé à près de 50, selon un courriel du 6 mai adressé au département de la Qualité environnementale du Mississippi et consulté par la presse.
Le ministère de la Justice se prononce
Dans un mémoire déposé mercredi 13 mai auprès du tribunal fédéral du district nord du Mississippi, le ministère américain de la Justice a indiqué qu'il se préparait à une éventuelle intervention. Adam R.F. Gustafson, principal adjoint du procureur général adjoint, a écrit : « Il est de la politique des États-Unis de soutenir et d'améliorer la domination mondiale de l'IA américaine afin de promouvoir l'épanouissement humain, la compétitivité économique et la sécurité nationale. » Il a demandé au juge de laisser au gouvernement plus de temps pour évaluer le dossier, au motif qu'une décision « pourrait être incompatible » avec les politiques fédérales en matière d'intelligence artificielle.
Le document fait également référence à un décret présidentiel signé par Donald Trump peu après son investiture, qui prévoit d'accélérer le développement de l'IA par les entreprises américaines.
La NAACP dénonce une infraction au Clean Air Act
La NAACP estime que les générateurs constituent des sources fixes illégales de pollution atmosphérique, contournant les mesures de protection sanitaire obligatoires et les contrôles antipollution. Elle demande au tribunal de déclarer que xAI a violé la loi sur la qualité de l'air (Clean Air Act) et d'enjoindre à l'entreprise de cesser le fonctionnement des turbines jusqu'à l'obtention des autorisations appropriées.
Les turbines à gaz peuvent émettre des polluants formant du smog, des suies, ainsi que des produits chimiques dangereux comme le formaldéhyde et le benzène, liés à l'asthme, aux maladies respiratoires et à d'autres problèmes de santé.
Des implications pour l'industrie de l'IA
Cette affaire pourrait avoir des conséquences importantes pour le secteur de l'intelligence artificielle, dont les besoins énergétiques explosent. L'intervention potentielle du ministère de la Justice en faveur d'un acteur privé soulève des questions sur l'équilibre entre la promotion de l'innovation technologique et le respect des réglementations environnementales. Ni la Maison-Blanche ni xAI n'ont commenté ces développements. Le Southern Environmental Law Center, qui représente la NAACP, s'est refusé à tout commentaire.