Paula Miluska, embauchée en mars 2022 comme consultante au sein de la société immobilière Roman Property Group Limited au Royaume-Uni, est tombée enceinte quelques mois après son entrée en fonction. Confrontée à des nausées matinales violentes, qui l’ont même conduite à l’hôpital, elle a demandé à son employeur la possibilité de travailler à distance, conformément aux recommandations de sa sage-femme, afin de rendre sa grossesse plus supportable sans compromettre sa productivité. « J’ai même réussi à obtenir une nouvelle mission alors que je me sentais plus mal que jamais », a-t-elle déclaré.

Un licenciement prononcé par message

Contrairement à ses attentes, son responsable a mis fin à son contrat par un simple message. Celui-ci écrivait : « Tu t’en doutais probablement déjà, mais on va devoir essayer de trouver quelqu’un pour être au bureau, car nous prenons du retard. J’espère que tu ne le prendras pas personnellement ou que tu ne penseras pas qu’on est mauvais, mais on galère vraiment. » Il ajoutait espérer la revoir bientôt, évoquant « beaucoup de choses à rattraper en dehors du travail », un commentaire que Paula a jugé particulièrement déplacé.

Une bataille judiciaire de quatre ans

Estimant avoir fait l’objet d’un licenciement abusif, Paula Miluska a porté l’affaire devant la justice. Après près de quatre ans de procédure, le tribunal du travail de Birmingham a statué en sa faveur. L’entreprise Roman Property Group Limited a été condamnée à verser 110.000 euros d’indemnités à la jeune mère pour discrimination liée à la grossesse.

Un précédent notable

Cette affaire s’inscrit dans une série de décisions judiciaires récentes au Royaume-Uni protégeant les salariées enceintes. Elle rappelle qu’une demande d’aménagement du temps de travail pour raisons médicales liées à la grossesse ne saurait justifier un licenciement, et que les employeurs doivent répondre de manière proportionnée et non discriminatoire.