Le plus beau but de la saison en Ligue 1 ne fait pas l'unanimité. La récompense attribuée à Ousmane Dembélé (Paris Saint-Germain) pour une frappe lointaine lors d'un match contre l'AS Saint-Étienne a provoqué une vive polémique, des voix s'élevant pour dénoncer un scrutin faussé par l'utilisation de programmes automatisés.
Un vote entaché par des bots
La Ligue de football professionnel (LFP), organisatrice du vote, a elle-même reconnu l'existence d'anomalies. Selon des informations concordantes, « de nombreux bots » auraient massivement voté pour le but de Moussa Al-Tamari (AS Monaco), privant le joueur jordanien d'une victoire que beaucoup estimaient méritée. Face à cette suspicion de trucage informatique, la LFP a pris la décision de confier le choix ultime à son conseil d'administration, qui a tranché en faveur du Parisien.
Un but d'exception, mais une victoire contestée
Le but d'Ousmane Dembélé, inscrit depuis l'entrée de la surface de réparation contre Saint-Étienne, est un geste technique de grande classe. L'international français, qui a récemment rejoint le PSG, a su enrouler son tir pour lober le gardien stéphanois. Cependant, la polémique porte moins sur la qualité du geste que sur le processus de sélection.
Le but de Moussa Al-Tamari, un slalom déroutant conclu par une frappe puissante, avait été largement salué par les observateurs et le public, recueillant un nombre considérable de suffrages populaires avant que l'intervention des bots ne soit suspectée. « C'est dommage pour le joueur et pour l'image de ce type de récompense », a commenté un proche du dossier, sous couvert d'anonymat. « Le verdict sportif a été tranché par une décision administrative, ce qui n'est jamais idéal. »
Une affaire qui ternit le palmarès
Cette polémique jette une ombre sur le traditionnel palmarès de la Ligue 1. Les accusations de manipulations par des bots lors de votes en ligne sont récurrentes dans le football professionnel, où la popularité des joueurs et des clubs peut influencer les résultats. En l'espèce, la décision de la LFP de ne pas se fier au vote populaire, pourtant plébiscité par les supporters, interroge sur la fiabilité de ces consultations.
Interrogé sur la question, un porte-parole de la LFP a expliqué que « face aux preuves d'un vote massif et automatisé, il était de notre responsabilité d'assurer l'intégrité de la récompense. Le conseil d'administration a donc désigné le vainqueur sur la base de critères sportifs et techniques, en dehors de toute influence extérieure. »
Des précédents dans le football
Ce n'est pas la première fois que des votes officiels sont entachés par des pratiques frauduleuses. Plusieurs clubs et compétitions ont déjà été confrontés à des campagnes de votes par bots, que ce soit pour des titres de meilleur joueur ou pour des buts de l'année. La question de la sécurisation des scrutins en ligne se pose avec acuité pour les instances dirigeantes.
Le cas de Moussa Al-Tamari est d'autant plus regrettable que le joueur monégasque, auteur d'une saison remarquable, aurait sans doute mérité une distinction individuelle. Son but, une chevauchée de 60 mètres conclue par une frappe en pleine lucarne, restera dans les mémoires, même officieusement.
Réactions contrastées
Du côté du Paris Saint-Germain, on salue la décision de la LFP. « Ousmane a marqué un but magnifique, c'est une juste récompense pour son talent », a déclaré l'entraîneur parisien. En revanche, l'entourage de Moussa Al-Tamari n'a pas caché sa déception, estimant que « le peuple du football a parlé, mais que sa voix n'a pas été entendue ». Le club de l'AS Monaco, contacté, n'a pas souhaité faire de commentaire officiel.
Sur les réseaux sociaux, le débat fait rage entre les supporters des deux camps. Si certains défendent le but de Dembélé comme un geste technique supérieur, d'autres estiment que la frappe d'Al-Tamari, par sa puissance et son inhabituelle trajectoire, méritait le titre.
Un avenir à repenser
Cet épisode pourrait inciter la LFP à revoir ses procédures de vote pour les prochaines saisons. Plusieurs pistes sont évoquées, comme la mise en place d'un double vote (public et jury d'experts) ou le recours à des technologies de détection plus sophistiquées pour contrer les bots. En attendant, le trophée du plus beau but de la saison 2024-2025 restera entaché par cette controverse.