Le rêve de Loïs Boisson a tourné court. Un an après avoir créé la sensation en atteignant les demi-finales de Roland-Garros, la jeune Française de 20 ans a été éliminée dès le premier tour de l’édition 2026, mardi 26 mai, par la Russe Anna Kalinskaya sur le score sans appel de 6-2, 6-2. Le match, disputé sur le court Suzanne-Lenglen, n’a duré qu’un peu plus d’une heure, laissant la joueuse tricolore impuissante face à la puissance et la précision de son adversaire.

L’année dernière, Boisson avait enflammé le public parisien en se hissant dans le dernier carré, un parcours inattendu qui l’avait propulsée sous les projecteurs. Mais depuis, les blessures n’ont cessé de freiner son ascension. Victime de plusieurs pépins physiques, notamment au genou et à l’épaule, elle a dû déclarer forfait pour plusieurs tournois durant la saison et n’a disputé que deux matchs sur terre battue avant Roland-Garros 2026, tous deux perdus au premier tour.

Un match à sens unique

Face à Anna Kalinskaya, classée 18e mondiale, Boisson n’a jamais trouvé la clé. Dès l’entame, la Russe a imposé un rythme élevé, breakant d’entrée de jeu. La Française, malgré quelques fulgurances, a commis trop de fautes directes (24 au total) et a peiné à tenir la cadence sur les échanges longs. Kalinskaya, en pleine confiance après un titre à Madrid plus tôt dans le mois, n’a laissé que des miettes à son adversaire, concluant le premier set en 28 minutes.

Le second set a suivi le même scénario. Boisson a tenté de varier le jeu, multipliant les amorties et les montées au filet, mais la Russe, très solide en fond de court, a systématiquement trouvé la réponse. Sur les deux balles de break obtenues par la Française en début de deuxième manche, Kalinskaya les a sauvées avec autorité. À 4-2, un passing de coup droit a scellé le sort du match. La joueuse tricolore a quitté le court sous les applaudissements du public, qui espérait un autre exploit.

Une saison gâchée par les blessures

Loïs Boisson avait déjà connu des difficultés cette année. Forfait à Miami, abandon à Charleston, elle n’a disputé que trois tournois sur le circuit principal avant Roland-Garros. Son entraîneur, interrogé en zone mixte, a confié qu’elle n’était « pas à 100 % physiquement » mais qu’elle tenait à jouer ce Grand Chelem à domicile. « Elle a tout donné, mais le corps n’a pas suivi. Il faut du temps pour retrouver le rythme », a-t-il ajouté.

Cette défaite précoce met un terme à une parenthèse enchantée pour le tennis féminin français. L’an dernier, Boisson avait été la seule Française à passer le cap du troisième tour, et sa demi-finale avait ravivé l’espoir d’une relève. Aujourd’hui, elle devra panser ses blessures et reconstruire sa confiance. Anna Kalinskaya, de son côté, affrontera au deuxième tour la Tchèque Markéta Vondroušová.

Quel avenir pour Boisson ?

Le chemin de la rédemption s’annonce long pour la joueuse de 20 ans. Avec un classement retombé autour de la 80e place mondiale, elle devra accumuler des victoires sur le circuit secondaire pour regagner des points. Les prochains mois seront décisifs : réussira-t-elle à enchaîner les matchs sans rechute ? Pour l’instant, la douleur de cette élimination précoce domine, mais Loïs Boisson a déjà prouvé par le passé qu’elle savait rebondir.