Les négociations entre Washington et Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz avancent, mais le retour à une circulation fluide dans cette voie maritime stratégique pourrait prendre des semaines, voire des mois. Environ 1 500 navires, principalement des pétroliers et des porte-conteneurs, sont bloqués dans le golfe Persique depuis près de trois mois, depuis le début du conflit avec l'Iran. Même si un accord est conclu, les compagnies maritimes se préparent à une opération complexe de réacheminement.

Un blocage sans précédent

Avant la guerre, le détroit d'Ormuz voyait transiter chaque jour plus de 130 navires, transportant environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux. La fermeture de ce passage large de seulement 21 milles nautiques à son point le plus étroit a provoqué une congestion inédite dans le golfe Persique. Les armateurs et les assureurs attendent désormais des instructions précises sur la manière de prioriser le départ des quelque 1 500 bâtiments à l'arrêt.

Les défis logistiques

Selon Jakob P. Larsen, responsable de la sécurité et de la sûreté auprès du Baltic and International Maritime Council, une organisation représentant les compagnies maritimes, les opérateurs doivent savoir comment leurs navires seront classés dans l'ordre de passage. « Nous aurons besoin de connaître la route à suivre et, bien sûr, quel type de coordination ou de permis seront nécessaires auprès de quelles autorités », a-t-il expliqué. Il a également souligné la nécessité d'imposer une limite de vitesse pour éviter les collisions ou les échouements dans les eaux peu profondes. Un autre défi majeur est la possible présence de mines dans le détroit, qui devra être écartée avant tout transit.

Les compagnies doivent aussi déterminer à qui demander le feu vert : aux autorités iraniennes, à la marine américaine, ou à une force multinationale de sécurité maritime. Aucun cadre de coordination n'a encore été officiellement annoncé, et le risque de confusion est élevé.

Des prix de l'énergie sous pression

Cette lenteur attendue du retour à la normale est l'une des raisons pour lesquelles les prix de l'énergie, qui ont fortement augmenté aux États-Unis et dans le monde, ne devraient pas baisser rapidement. Les marchés pétroliers restent tendus tant que le flux n'est pas rétabli de manière stable et prévisible. Les analystes estiment qu'un retour au volume de transit d'avant-crise pourrait prendre plusieurs semaines après la signature de tout accord.

En attendant, les milliers de marins à bord des navires bloqués subissent des conditions difficiles. Les opérateurs logistiques réclament d'urgence un plan de gestion du trafic pour éviter que la réouverture ne provoque de nouveaux accidents ou retards. Le chemin vers une reprise complète du trafic dans le détroit d'Ormuz s'annonce long et semé d'incertitudes.