Marine Le Pen a vivement critiqué la stratégie d’Emmanuel Macron consistant à placer des alliés à la tête d’institutions sensibles, y voyant une manœuvre antidémocratique visant à freiner un éventuel changement de majorité après 2027. «L’objectif d’Emmanuel Macron, c’est de faire survivre le macronisme après la fin du macronisme», a-t-elle déclaré le 22 mai dernier.
Elle a notamment pointé plusieurs nominations récentes : celle d’Amélie de Montchalin, ancienne ministre de l’Action et des Comptes publics, à la présidence de la Cour des comptes ; celle d’Emmanuel Moulin, ancien secrétaire général de l’Élysée et directeur du Trésor, à la tête de la Banque de France ; et celle de Baptiste Rossi, conseiller discours du président, qui doit rejoindre la direction de France Télévisions en juillet. «On met des gens à des postes qui sont vos copains en se disant qu’ils seront autant d’obstacles à la mise en œuvre d’une autre politique que celle que j’aurais exercée, alors que les Français auront voulu une autre politique. C’est vraiment, je trouve, une manière de voir les choses qui est très antidémocratique», a ajouté Marine Le Pen.
Une opposition unanime
Cette offensive s’inscrit dans un contexte de tensions entre le gouvernement et les oppositions à l’approche de la présidentielle de 2027. Jean-Philippe Tanguy, lieutenant de Marine Le Pen, a parlé sur France 2 d’un «verrouillage des institutions». De son côté, Éric Coquerel, député de La France insoumise et président de la commission des Finances, s’est interrogé sur une volonté du chef de l’État de «corseter les institutions en cas de changement politique à la tête de ce pays».
La polémique intervient alors que le Rassemblement national se positionne comme un acteur central de l’après-Macron, crédité de scores élevés dans les sondages. La multiplication des nominations de hauts fonctionnaires proches du président est perçue par les oppositions comme une tentative de figer l’appareil d’État avant une alternance potentielle. Aucune réaction officielle de l’Élysée n’a été rapportée dans l’immédiat.