Le représentant Thomas Massie, figure républicaine critique de Donald Trump qui a perdu sa primaire au Kentucky la semaine dernière, a choisi le Costa Rica pour son premier répit. Il y a rejoint l’ancienne élue de Géorgie Marjorie Taylor Greene, installée dans sa maison du pays d’Amérique centrale. Les deux parlementaires – tous deux marginalisés au sein du Parti républicain pour leurs positions antinomiques avec la ligne trumpiste – se sont retrouvés pour célébrer le 52e anniversaire de Greene, arrivée plus tôt ce mois-ci pour un séjour de deux semaines.
Une invitation de dernière minute
Selon le fiancé de Greene, Brian Glenn, c’est elle qui a lancé une invitation de dernière heure à Massie et à son épouse Carolyn pour les rejoindre. Le congressman est arrivé mardi. Glenn a diffusé sur son compte Instagram une photo où le groupe pose souriant sur une plage, Massie et Greene côte à côte, entourés de leurs conjoints respectifs. Mercredi, la petite troupe est partie pêcher en mer. « Nous avons passé un bon moment sur l’eau », a commenté Glenn, ajoutant que les discussions politiques avaient été « épicées ». Selon lui, Massie avait besoin d’une « pause » après sa campagne épuisante. « Nous sommes heureux de pouvoir lui offrir ce répit », a-t-il déclaré.
Un exil doré pour deux dissidents
Thomas Massie, qui avait perdu le 19 mai une primaire devenue la plus coûteuse pour un siège à la Chambre ces dernières années, avait initialement annoncé qu’il se retirerait dans sa ferme du Kentucky, coupée du réseau électrique. Mais c’est finalement vers les plages du Costa Rica qu’il a dirigé son avion. Marjorie Taylor Greene, de son côté, a démissionné du Congrès plus tôt cette année. Tous deux se sont illustrés comme des voix discordantes au sein du Parti républicain, s’opposant régulièrement au président Trump sur des questions budgétaires ou de politique étrangère.
Un symbole de marginalisation
Cette rencontre tropicale illustre le sort des derniers irréductibles anti-trumpistes au sein du Grand Old Party. Greene, connue pour ses théories complotistes et ses outrances, a quitté la scène politique fédérale après des années de conflits internes. Massie, élu depuis 2012, a été défait après une campagne où les Super PAC pro-Trump ont dépensé des millions pour le déloger. Leur rapprochement personnel pourrait préfigurer une nouvelle forme de dissidence, peut-être en dehors des institutions, comme le suggère leur escapade costaricienne.
Un avenir politique incertain
Interrogé sur ses projets après sa défaite, Massie avait éludé les questions. Il a depuis partagé sur les réseaux sociaux une vidéo le montrant riant aux côtés de Greene, canne à pêche en main. Aucune annonce de candidature future n’a été faite. Greene non plus n’a pas indiqué de retour en politique. Leur voyage commun, mêlant vacances et échanges stratégiques, laisse toutefois planer le doute sur leurs intentions. Brian Glenn, en qualifiant les conversations de « épicées », laisse entendre que l’avenir politique des deux anciens élus pourrait se jouer loin des projecteurs de Washington.