Le chef de la police de Minneapolis, Brian O'Hara, a présenté sa démission mercredi 27 mai, au lendemain de la publication d'un rapport interne qui a établi qu'il avait probablement interféré dans une enquête visant des soupçons d'inconduite sexuelle au sein de ses services.

La démission intervient après une rencontre avec le maire de la ville, Jacob Frey, qui avait pourtant proposé la nomination d'O'Hara pour un second mandat quelques semaines plus tôt. Frey a indiqué avoir perdu confiance dans la capacité du chef à diriger le département. « La confiance n'est pas secondaire dans ce métier, c'est le métier lui-même. Quand elle est brisée, il devient extrêmement difficile de continuer à diriger efficacement », a déclaré le maire lors d'une conférence de presse mardi soir.

Les conclusions du rapport Le rapport, commandé par la municipalité, s'est penché sur la conduite d'O'Hara dans le cadre d'une investigation portant sur des allégations d'inconduite sexuelle. Les auteurs du document ont estimé que le chef de la police avait probablement entravé le bon déroulement de cette enquête interne. Frey a immédiatement adressé un blâme pour « faute grave » à O'Hara et l'a averti qu'il s'exposait à des sanctions disciplinaires allant jusqu'au licenciement. La démission a mis fin à cette procédure.

Un contexte de tensions Brian O'Hara avait été nommé à la tête de la police de Minneapolis en 2022, dans une période particulièrement difficile pour le département, encore marqué par les conséquences du meurtre de George Floyd deux ans plus tôt. Son arrivée visait à restaurer la confiance du public et à réformer des pratiques critiquées. Sa démission, liée à un scandale interne, ravive les interrogations sur la gouvernance des forces de l'ordre dans la ville.

Le maire Frey a souligné que la perte de confiance était irréversible, ajoutant qu'un intérim serait assuré en attendant la nomination d'un nouveau chef. Les détails sur l'identité des personnes impliquées dans l'enquête pour inconduite sexuelle n'ont pas été divulgués. Cette affaire intervient alors que Minneapolis cherche à tourner la page d'années de controverses policières et à renforcer la transparence de ses institutions.