La société Mistral AI, leader français de l'intelligence artificielle, a opposé une fin de non-recevoir à une demande de rendez-vous formulée par le Rassemblement national (RN). L'information, confirmée par plusieurs sources concordantes, a été rendue publique ce mercredi.
Un refus sans équivoque
Selon les informations obtenues, des représentants du parti d'extrême droite avaient sollicité un entretien avec les dirigeants de Mistral AI, probablement dans le cadre de leurs travaux sur les enjeux technologiques et numériques. La réponse de la start-up, fondée par Arthur Mensch, a été claire : elle a décliné l'invitation. Les raisons précises de ce refus n'ont pas été officiellement communiquées par l'entreprise, mais il intervient dans un contexte où plusieurs acteurs du secteur technologique expriment leurs réserves quant à un rapprochement avec des formations politiques jugées radicales.
Un choix politique assumé ?
Ce refus intervient alors que le Rassemblement national cherche à renforcer sa crédibilité sur les sujets de souveraineté numérique et d'innovation. Le parti avait récemment multiplié les prises de position sur la nécessité de développer une intelligence artificielle « patriotique » et « protectrice des valeurs françaises ». La fin de non-recevoir de Mistral AI, perçue comme un camouflet, met en lumière les tensions entre le monde de la tech et certaines formations politiques. Plusieurs observateurs y voient une volonté de Mistral AI de ne pas être associée à un parti dont les positions sont controversées, notamment sur les questions d'immigration et d'identité nationale.
Un symbole pour la French Tech
Mistral AI, qui a récemment levé des fonds considérables et s'est imposée comme un acteur incontournable de l'IA en Europe, est souvent présentée comme un fleuron de la French Tech. Son refus de rencontrer le RN pourrait faire date et servir d'exemple pour d'autres entreprises du secteur, souvent accusées de manquer d'engagement politique. La décision de la start-up est d'autant plus remarquée qu'elle émane d'une société privée, libre de ses choix commerciaux et politiques, mais dont l'image est étroitement liée à celle de la France innovante.
Réactions politiques
Du côté du Rassemblement national, on s'est refusé à tout commentaire officiel dans l'immédiat. Toutefois, des sources proches du parti ont laissé entendre que ce refus était « regrettable » et qu'il témoignait d'une « frilosité » des élites technologiques face au débat démocratique. À l'inverse, des personnalités politiques de gauche et de la majorité présidentielle ont salué la « position claire » de Mistral AI, y voyant un « signal fort envoyé à ceux qui tentent de banaliser l'extrême droite ». Aucune déclaration officielle de la part de l'entreprise n'a été diffusée à ce stade.
Un précédent dans le secteur
Ce n'est pas la première fois qu'une entreprise de la tech refuse de collaborer avec le RN. Par le passé, plusieurs géants du numérique avaient déjà pris leurs distances avec le parti. Cependant, le refus de Mistral AI est particulièrement symbolique en raison de sa jeunesse et de son statut de startup prometteuse, censée incarner le renouveau économique français. L'affaire relance le débat sur la place des entreprises dans le jeu politique et leur droit de choisir leurs interlocuteurs.
Implications pour l'avenir
Alors que la campagne pour les élections européennes bat son plein, cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la perception du RN par le monde économique et technologique. Les partis d'extrême droite tentent de séduire les entrepreneurs et les investisseurs, mais se heurtent régulièrement à des refus de la part d'acteurs qui ne souhaitent pas être associés à leur image. Le cas Mistral AI illustre les limites de cette stratégie de séduction du monde des affaires.
En attendant, le Rassemblement national devra sans doute se tourner vers d'autres interlocuteurs pour ses réflexions sur l'intelligence artificielle. La porte de Mistral AI lui est désormais fermée.