À l'heure où l'intelligence artificielle (IA) est capable de générer du code, de concevoir des architectures et de publier des applications en quelques instants, un développeur invite à ne pas perdre de vue ce qui motive de nombreux ingénieurs : le plaisir de construire. Dans un article publié sur son site personnel, il alerte sur le danger de déléguer à la machine non seulement les tâches répétitives, mais l'ensemble du processus créatif.

Une satisfaction qui ne se délègue pas

Le développeur décrit plusieurs moments clés du développement d'une application qui, selon lui, procurent une satisfaction unique. Il prend l'exemple de la gestion des filtres dans son application : plutôt que d'utiliser sept variables booléennes, il a opté pour une solution plus élégante en combinant tous les états de filtre dans une seule variable de type Int8 à l'aide d'un masque de bits. Il a également déporté le traitement sur un thread d'arrière-plan. « Rien de fondamentalement nouveau, reconnaît-il, mais combiner ces solutions et voir le résultat final apporte une forme très spécifique de satisfaction. »

Cette expérience, juge-t-il, serait perdue si l'ensemble du développement était confié à l'IA. « Même si elle peut suggérer une solution similaire, le plaisir de la recherche, de la compréhension et de l'implémentation disparaît tout simplement », explique-t-il.

Une architecture pensée et repensée

Le développeur raconte avoir conçu l'architecture de son application iOS avec un objectif ambitieux : permettre l'ouverture de n'importe quel écran depuis n'importe quel autre, tout en maintenant une pile de navigation propre, en évitant les fuites mémoire et en préservant les performances. Il a intégré plusieurs approches avancées telles que Coordinator, Assembler, Dependency Injection, MVVM et Observation. Ce travail, long et exigeant, a porté ses fruits : aujourd'hui, ajouter un nouvel écran se fait rapidement et sereinement. « La satisfaction d'une bonne architecture est réutilisable », souligne-t-il.

Il oppose cette démarche à ce que ferait l'IA : « Une partie significative de l'application pourrait être régénérée pour un seul nouvel écran. Mais ce processus de génération ne peut pas être qualifié de travail d'ingénierie. »

Les retours utilisateurs : un lien personnel et émotionnel

Au fil du temps, le projet devient personnel. Chaque avis positif est un moment d'euphorie, écrit le développeur. Il cite des commentaires d'utilisateurs : « Outil pratique », « Matériel pédagogique bien conçu ». Mais les retours négatifs sont tout aussi importants : « Il serait bien d'ajouter… », « Cette partie est un peu gênante… » À chaque fois, il ouvre le projet et réfléchit à comment améliorer le produit. « C'est cet engagement profond dans son propre projet qui permet de vivre toutes ces émotions », affirme-t-il.

L'IA, un assistant précieux mais pas un substitut

Le développeur tient à nuancer son propos : l'IA n'est pas un ennemi, bien au contraire. Dans le développement de son application, elle l'a aidé sur des tâches routinières (assemblage de matériel pédagogique en XML), sur les aspects de publication (textes, réponses aux questions de l'App Store), pour retrouver rapidement une solution ou une syntaxe, et même pour discuter de petits détails d'interface utilisateur. « L'IA gère très bien ces tâches, et ce sont rarement celles qui procurent du plaisir dans le développement », note-t-il.

Conclusion : gardez le processus pour vous

En définitive, l'auteur estime que l'IA est un assistant idéal, mais qu'il ne faut pas lui déléguer l'ensemble du processus. À trop externaliser, le développeur perd l'expérience, la joie de construire et la satisfaction personnelle. « Alors peut-être que la meilleure façon d'utiliser l'IA est de la maintenir dans le rôle d'assistant tout en préservant le processus de développement pour soi. Restez impliqué, cherchez des solutions, construisez une architecture, publiez des produits et profitez de tout le processus de création », conclut-il.