Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a annoncé lundi soir que son pays allait intensifier ses attaques contre le Hezbollah au Liban. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il a déclaré : « Nous sommes en guerre contre le Hezbollah », précisant que les forces israéliennes avaient tué plus de 600 combattants du mouvement ces dernières semaines. « Nous n’enlevons pas le pied de l’accélérateur. Au contraire, j’ai dit d’appuyer encore plus sur la pédale », a-t-il ajouté.

Des frappes massives en 24 heures

Quelques heures après cette déclaration, l’armée israélienne a indiqué avoir visé plus de 70 sites du Hezbollah dans plusieurs régions du Liban au cours de la journée écoulée. Dans la région de Tyr, ville côtière du sud du pays, une dizaine de centres de commandement, des dépôts d’armes et autres infrastructures auraient été touchés. L’armée affirme également avoir « éliminé » des combattants du Hezbollah circulant à moto dans le sud du Liban, où ses soldats sont déployés.

Une trêve fragile mise à l’épreuve

Ces frappes surviennent alors qu’une trêve négociée par les États-Unis était entrée en vigueur en avril dernier. Depuis, les deux camps s’accusent mutuellement de violations. Les affrontements se sont intensifiés ces dernières semaines, révélant les limites de cet accord. Le regain de violences a débuté en mars, après que le Hezbollah a lancé des tirs contre Israël à la suite d’une attaque américano-israélienne contre l’Iran fin février.

Selon le ministère libanais de la Santé, le bilan des frappes israéliennes sur le Liban depuis mars s’élève à 3 185 morts et plus de 9 600 blessés. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées.

La réponse du Hezbollah

De son côté, le Hezbollah a revendiqué lundi au moins huit attaques contre Israël et les soldats israéliens présents au Liban, selon son organe de presse Al Manar. Son chef, Naïm Qassem, avait déclaré dimanche dans un discours qu’il accueillait favorablement un éventuel accord entre l’Iran et les États-Unis, espérant que celui-ci inclurait son mouvement. Il a toutefois rejeté les négociations directes entre Israël et le gouvernement libanais, menées sous médiation américaine depuis avril.

Lien avec les négociations américano-iraniennes

L’annonce de M. Netanyahu intervient alors que le président américain, Donald Trump, a envoyé des signaux contradictoires sur l’avancement d’un accord de paix avec l’Iran. Trois responsables iraniens ont indiqué que l’accord potentiel prévoirait un arrêt des combats sur tous les fronts, y compris au Liban. Dimanche, M. Netanyahu a affirmé que M. Trump avait « réaffirmé le droit d’Israël à se défendre contre les menaces sur tous les fronts, y compris le Liban » lors d’un appel téléphonique.

Des questions en suspens

Il reste néanmoins à déterminer comment un tel accord pourrait résoudre les problèmes fondamentaux du conflit libanais, notamment le désarmement du Hezbollah et le retrait des troupes israéliennes des territoires frontaliers qu’elles occupent actuellement au Liban.