Un procès sous haute sécurité

Ce mardi 26 mai, neuf prévenus sont jugés à Rennes pour tentative de meurtre sur la personne de Mahammad Mirzali, opposant azerbaïdjanais réfugié politique en France. L’attaque avait eu lieu sur les bords de Loire, à Nantes, le 14 mai 2021. Le blogueur, âgé de 32 ans, avait alors été grièvement blessé par une quinzaine de coups de lames et avait dû subir plus de six heures d’opération chirurgicale.

La cour d’assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels, siège au sein du parlement de Bretagne. Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été déployées : la circulation et le stationnement sont interdits aux abords du bâtiment, même pour les cyclistes. Le procès, prévu pour durer jusqu’au 12 juin, se tient dans un contexte de tension extrême pour la victime, qui vit sous protection policière permanente depuis l’agression et dont le lieu de résidence est tenu secret.

Un dissident cible du régime de Bakou

Mahammad Mirzali est un opposant farouche au président Ilham Aliev. Réfugié politique en France depuis 2015, il anime une chaîne YouTube et un blog qui comptent plusieurs centaines de milliers d’abonnés. En 2025, il a été condamné par contumace en Azerbaïdjan à six ans et demi de prison pour « appel à un soulèvement de masse ». Son avocat, Henri Carpentier, qualifie ce procès de « procès de la liberté ». Il ajoute : « Lui, en tant que tel, ne représente rien. Les scandales qu’il a pu dévoiler, c’est ça qu’on a voulu assassiner. »

Des accusés aux profils troubles

Parmi les neuf accusés figurent trois membres présumés du commando et leurs soutiens logistiques. Ils nient tous les faits. Le principal suspect, un trentenaire arrêté avec un passeport moldave sous le nom d’Andrei Topal, serait en réalité Emin Qasimov, un Azerbaïdjanais lié à un clan de la mafia russophone des « voleurs dans la loi », selon les enquêteurs. Les commanditaires de l’attaque, en revanche, restent inconnus et seront au cœur des débats, tout comme le rôle présumé des autorités azerbaïdjanaises.

La famille de la victime est régulièrement victime de menaces et de harcèlement en Azerbaïdjan, a indiqué son avocat. Malgré les mesures prises pour sa sécurité, Mahammad Mirzali reste « très anxieux » à l’approche du procès. « Il a la certitude que les menaces ne vont pas cesser avec le procès », a confié Henri Carpentier.