La centrale nucléaire de Zaporijia, dans le sud de l'Ukraine, a de nouveau été visée par une attaque de drone, samedi 31 mai. Selon les premières constatations, l'engin a heurté un bâtiment du site, y laissant un trou dans un mur, mais sans endommager – a priori – les systèmes essentiels à la sûreté de l'installation. Cet incident, le dernier d'une série qui s'allonge depuis le début de la guerre, intervient alors que la plus grande centrale d'Europe est sous contrôle des forces russes depuis mars 2022.

Les autorités installées par Moscou dans la région ont rapidement accusé l'armée ukrainienne d'avoir lancé cette frappe. De son côté, Kiev a fermement démenti toute implication et a imputé l'action à la partie russe, l'accusant de chercher à créer un prétexte pour justifier de nouvelles mesures de militarisation du site. Aucune organisation indépendante n'a pour l'instant été en mesure d'attribuer formellement la responsabilité de l'incident.

Des dommages limités mais des risques persistants

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), dont les experts sont présents sur place, a été informée de l'impact. Dans un premier communiqué, elle a indiqué que ses équipes examinaient les dégâts et continuaient d'évaluer la situation. Aucun changement dans les niveaux de radiation n'a été détecté à ce stade, et l'intégrité des réacteurs n'a pas été compromise.

Cependant, la multiplication de ces frappes, même lorsqu'elles ne touchent pas le cœur des installations, est perçue comme une dangereuse escalade par les observateurs. Chaque impact accroît le risque d'un incident nucléaire majeur, dans une centrale où les réacteurs sont déjà à l'arrêt mais qui nécessite un approvisionnement électrique permanent pour refroidir le combustible usé.

Un bras de fer militaire autour du site

La centrale de Zaporijia est un enjeu stratégique et symbolique majeur dans le conflit. Occupée peu après l'invasion russe de 2022, elle se trouve sur la ligne de front et a été à plusieurs reprises le théâtre de bombardements, alimentant les craintes d'une catastrophe similaire à celle de Tchernobyl ou de Fukushima.

Les forces russes ont considérablement renforcé leurs positions autour du périmètre de la centrale, tandis que l'armée ukrainienne mène des opérations pour tenter de reconquérir les territoires occupés. Les autorités locales pro-russes ont affirmé que la défense antiaérienne avait réussi à intercepter plusieurs drones avant qu'ils n'atteignent leurs cibles, mais qu'un appareil avait tout de même réussi à passer.

Réactions internationales

La communauté internationale a réagi avec prudence, appelant les deux parties à faire preuve de retenue et à respecter les principes de protection des installations nucléaires en temps de conflit. Plusieurs capitales occidentales ont exprimé leur vive préoccupation et exhorté à la mise en place d'une zone de sécurité autour de la centrale, une proposition qui n'a pas encore abouti.

L'incident de samedi survient dans un contexte de regain de tensions sur le front, où les combats s'intensifient. Il rappelle que, malgré les appels à la désescalade, le conflit continue de menacer, à tout moment, de franchir un seuil aux conséquences potentiellement catastrophiques.