De nouvelles vidéos, rendues publiques ces derniers jours, apportent un éclairage inédit sur le déroulement de la manifestation contre les méga-bassines à Sainte-Soline, en mars 2023. Elles montrent des tirs de grenades effectués depuis des blindés de la gendarmerie, un mode opératoire dont les forces de l'ordre avaient jusqu'alors nié l'emploi. Selon les éléments diffusés, les projectiles utilisés seraient interdits par les règles d'engagement applicables en maintien de l'ordre, ce qui relancerait le débat sur la légalité des opérations menées ce jour-là.
Des images qui contredisent la version officielle
Ces enregistrements identifient précisément les auteurs présumés des tirs, alors que les autorités affirmaient ne pas disposer de telles informations. Les faits remontent à la mobilisation du 25 mars 2023, durant laquelle plusieurs manifestants avaient été grièvement blessés, et un militant, Aline C., avait perdu un œil. Jusqu'à présent, les services de l'État maintenaient que les munitions utilisées étaient conformes et que les tirs provenant des véhicules blindés relevaient d'une légitime défense. Les nouvelles images remettent en cause cette version.
La position du ministre de l'Intérieur
Interrogé sur ces révélations, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a réaffirmé sa confiance dans les forces de l'ordre et justifié les actions menées. Selon lui, les tirs étaient nécessaires face à des « violences inacceptables » de la part de certains manifestants. Il a également estimé que les enquêtes en cours, notamment celles de l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), permettraient de faire la lumière sur les circonstances précises. Cette position est critiquée par des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une « impunité policière systémique ».
Un contexte de tensions persistantes
Sainte-Soline reste un symbole de la contestation contre les projets de retenues d'eau agricoles et, plus largement, contre les méthodes de maintien de l'ordre employées par le gouvernement. Plusieurs commissions d'enquête parlementaires et missions d'information ont tenté de faire le point sur les violences policières lors des manifestations, sans aboutir à des changements concrets. Les nouvelles images relancent la controverse, alors que des élus de gauche et des associations réclament une transparence totale sur les règles d'engagement des forces mobiles.
Les suites judiciaires attendues
Plusieurs plaintes ont été déposées par des manifestants et des organisations non gouvernementales, visant des membres des forces de l'ordre. Des enquêtes sont en cours, mais aucun agent n'a été mis en examen à ce stade. Les révélations vidéo pourraient relancer les investigations, tandis que le ministre de l'Intérieur garantit que les faits seront examinés « avec rigueur ». En attendant, la contestation sur le terrain demeure vive, et la question de l'impunité des forces de l'ordre reste au cœur du débat public.