Le Printemps des luttes locales a mobilisé, du 23 au 26 mai, des centaines de personnes à travers une cinquantaine d'actions partout en France. Balades naturalistes, pique-niques et occupations de sites se sont succédé pour dénoncer les projets et les entreprises responsables du bétonnage du territoire, selon un communiqué des organisateurs.
Dans le bocage ornais
Samedi 23 mai, une centaine de manifestants se sont retrouvés à Montreuil-au-Houlme, dans l'Orne, pour protester contre l'implantation d'une carrière de granulats du groupe de BTP Pigeon. Cette action a été l'une des plus suivies du week-end.
À Saclay, des légumes contre Eurocontrol
À Saclay, une centaine de personnes ont planté des légumes sur une parcelle agricole destinée à l'organisation Eurocontrol, dénonçant ainsi la transformation de terres nourricières en infrastructures de contrôle aérien.
Lyon : banderoles sur les grues du Lyon-Turin
À Lyon, des membres d'Extinction Rebellion ont déployé des banderoles sur des grues pour dénoncer les impacts du chantier de la ligne Lyon-Turin. Dans le même registre des transports, des militants ont jeté de la peinture sur les locaux de la SNCF à Bordeaux pour protester contre le chantier de la LGV Bordeaux-Toulouse. Ils dénoncent un projet qui devrait concerner 6 000 hectares de terres pour un budget de 20 milliards d'euros.
Data centers, mine de lithium : des nuisances multiples
Dans l'Est, un convoi de l'eau alsacien s'est arrêté face au terrain du futur data center de Petit-Landau (Haut-Rhin), porté par Microsoft. La construction de ce centre va entraîner la bétonnisation de 56 hectares de terres agricoles et nécessitera une consommation électrique équivalente à 80 % de celle des ménages du département.
À Fouju, en Ile-de-France, une mobilisation a eu lieu contre l'implantation d'un data center campus IA, qui consommerait presque autant d'énergie que la production d'une centrale nucléaire et rejetterait des polluants éternels.
En Île-de-France toujours, des militants se sont retrouvés dans les jardins populaires d'Aubervilliers pour protéger l'un des derniers poumons verts de la ville, menacés par le futur pôle multimodal porté par la collectivité Plaine commune.
Dans l'Allier, des opposants ont occupé toute la nuit le chantier de la future mine de lithium d'Imerys. Ce projet vise à produire de l'hydroxyde de lithium pour équiper les batteries de véhicules électriques, mais est très contesté par les associations environnementales.
Au port de la Hague, une mobilisation a eu lieu contre l'Aval du futur, un projet d'agrandissement du site d'Orano qui prévoit de couler 1,5 million de mètres carrés de béton et risque de mettre en péril les espaces naturels de la Hague.
Contre les déviations routières et les usines à pellets
À Blois, en Centre-Val de Loire, des dizaines de personnes ont manifesté contre le nouveau projet de déviation routière à Contres, qui menace 20 hectares de terres ainsi que des zones humides et forestières.
À Guéret, dans la Creuse, un convoi vélo s'est élancé pour dénoncer le chantier de l'usine à pellets de Biosyl. Cette usine doit abattre des chênes centenaires pour en faire des pellets qui finiront brûlés dans des poêles à bois.
Contre l'industrie photovoltaïque et les JO 2030
Six collectifs se sont mobilisés ces derniers jours contre l'artificialisation de terres agricoles et naturelles par l'industrie photovoltaïque. Fin 2025, au moins 1 573 centrales solaires au sol ont été construites sur plus de 11 400 hectares de terrains qui étaient autrefois des forêts et des parcelles agricoles.
Enfin, plusieurs mobilisations ont été organisées dans les Alpes contre les Jeux olympiques d'hiver de 2030. Des photos de banderoles contre les chantiers ont été déployées dans des paysages naturels.