Près de deux ans après le débat présidentiel du 28 juin 2024, qui avait précipité la fin de la campagne de Joe Biden, l’ancienne Première dame des États-Unis, Jill Biden, s’exprime pour la première fois sur ce qu’elle a ressenti ce soir-là. Dans un entretien diffusé le 31 mai par CBS News Sunday Morning, elle confie avoir redouté que son époux soit victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC) en direct.

Des craintes immédiates

« Oh mon Dieu, il fait un AVC », a-t-elle confié, décrivant les quelques minutes qui ont suivi le début du débat. Selon elle, la performance de Joe Biden – dont la voix enrouée, le regard fixe et les phrases parfois confuses ont marqué les téléspectateurs – a immédiatement suscité une inquiétude médicale chez les proches du président. Jill Biden précise qu’elle a alors tenté de le rassurer, mais que l’image publique était déjà brouillée.

Les conséquences politiques

Ce débat, organisé par CNN à Atlanta, a été largement perçu comme un désastre pour le camp démocrate. Les difficultés d’élocution et les moments de flottement de Joe Biden ont alimenté les doutes sur sa capacité à briguer un second mandat. Dans les jours qui ont suivi, la pression s’est intensifiée au sein du Parti démocrate, conduisant finalement à son retrait de la course, le 21 juillet 2024 – une première dans l’histoire moderne américaine pour un président en exercice.

Un regard rétrospectif

Dans l’interview, Jill Biden évite de critiquer directement la décision de son mari de se maintenir jusqu’à ce débat, mais elle reconnaît que l’épreuve a été « dévastatrice » pour leur famille. Elle insiste toutefois sur le fait que Joe Biden ne souffrait pas d’un AVC ce soir-là, mais qu’il était « exténué et souffrant d’un mauvais rhume ». « Je pensais que nous pourrions surmonter cela », ajoute-t-elle, avant de souligner que la suite des événements a prouvé le contraire.

Cet entretien intervient alors que les révélations sur l’état de santé du président se multiplient. La veille, des informations avaient fuité affirmant que des membres de l’administration avaient tenté de minimiser l’ampleur des troubles cognitifs de Joe Biden auprès des conseillers de la Maison-Blanche. Bien qu’aucun document médical officiel n’ait été divulgué, ces révélations viennent alimenter un débat persistant sur la transparence autour de la santé des présidents américains.

Le contexte politique actuel

À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, les républicains n’ont pas manqué de rappeler ce débat comme un exemple de ce qu’ils présentent comme « l’incompétence de l’administration Biden ». Donald Trump, pour sa part, a réagi sur son réseau social, affirmant que « Jill Biden ment pour sauver les apparences ». L’ancien président fait actuellement l’objet de plusieurs procédures judiciaires, mais reste le favori des primaires républicaines pour 2028.

De son côté, Joe Biden, désormais âgé de 82 ans, a largement disparu de la vie publique depuis son retrait. Il consacre son temps à la rédaction de ses mémoires et à des apparitions ponctuelles lors de conférences universitaires. Son épouse s’est, elle, engagée dans des programmes de soutien aux familles de militaires, sans pour autant se lancer en politique.

Les confidences de Jill Biden jettent une lumière nouvelle sur l’un des épisodes les plus marquants de la campagne présidentielle de 2024, et relancent les interrogations sur la gestion politique d’une éventuelle défaillance présidentielle.