Une saturation généralisée des zones d'activité
Selon une enquête menée par l'association Intercommunalités de France, huit intercommunalités sur dix sont aujourd'hui contraintes de refuser l'implantation d'entreprises sur leur territoire. Ce phénomène, en forte hausse depuis 2022, touche particulièrement les secteurs de l'industrie, de l'artisanat et de la logistique, alors que la demande de bureaux et de commerces diminue.
L'étude révèle que la saturation des zones d'activité économique pourrait intervenir dès 2027 si aucune mesure n'est prise. Les intercommunalités pointent trois causes principales : un manque criant de terrains viabilisés, des procédures d'urbanisme et d'autorisation jugées trop lentes, et des contraintes environnementales de plus en plus strictes qui freinent l'extension des zones existantes ou la création de nouvelles.
Des secteurs en forte demande mais peu de foncier
Alors que la demande de surfaces pour l'industrie et l'artisanat reste élevée, l'offre foncière ne suit pas. Les intercommunalités expliquent que les rares terrains disponibles sont souvent réservés à des projets de logement ou à des activités tertiaires, laissant peu de place aux sites adaptés aux besoins des entreprises industrielles et logistiques. Cette situation conduit à un phénomène de « déclassement économique » de certains territoires, qui peinent à attirer ou retenir des activités productives.
Les élus locaux déplorent également la lenteur des procédures : entre la planification urbaine, les études d'impact environnemental et les enquêtes publiques, un projet d'extension ou de création de zone d'activité peut prendre plusieurs années. Ce délai est jugé incompatible avec les besoins de réactivité des entreprises, notamment dans les filières industrielles et artisanales.
Des conséquences sur l'emploi et l'attractivité
Cette pénurie de foncier économique a des répercussions directes sur le développement local. Les entreprises qui ne peuvent pas s'implanter ou s'étendre faute de terrain renoncent à leurs projets, ce qui se traduit par des promesses d'emplois non concrétisées et une perte d'attractivité pour les territoires concernés. Intercommunalités de France alerte sur le fait que cette situation risque de s'aggraver si des solutions ne sont pas rapidement mises en œuvre.
Des pistes de solutions évoquées
Face à ce constat, l'association d'élus propose plusieurs pistes pour tenter d'inverser la tendance : un meilleur recensement des friches industrielles et des terrains mutables, un assouplissement des règles environnementales dans le cadre de la loi « zéro artificialisation nette » (ZAN) pour les zones d'activité, ou encore un soutien financier accru de l'État pour la requalification des friches. Les intercommunalités réclament également une simplification des procédures d'autorisation et une meilleure coordination entre les différents échelons territoriaux (région, département, communes).
Un appel à l'action
Les intercommunalités appellent le gouvernement à prendre en compte cette alerte dans les futures lois de programmation et les prochains textes relatifs à l'aménagement du territoire. Elles soulignent que sans une action rapide, la France risque de perdre des capacités de production et d'emploi dans des secteurs clés pour la souveraineté nationale.