Une action en justice pour un dollar symbolique

L'entreprise américaine Patagonia, spécialisée dans les vêtements et équipements de plein air, a déposé une plainte pour contrefaçon de marque contre l'artiste drag queen et militante environnementale Pattie Gonia. La plainte a été enregistrée le 21 janvier devant la cour fédérale de Los Angeles. Le montant des dommages réclamé est symbolique, fixé à un dollar, auquel s'ajoutent les frais de justice.

L'entreprise a indiqué qu'elle aurait préféré ne pas avoir à engager cette procédure, mais qu'elle estimait nécessaire de protéger sa marque. Patagonia tire son nom d'une vaste région géographique qui s'étend entre l'Argentine et le Chili.

Pattie Gonia, une militante populaire

Sous le nom de Pattie Gonia, Wyn Wiley s'est fait connaître en alliant art du drag et engagement écologiste. Sur les réseaux sociaux, la personne rassemble des millions d'abonnés. Depuis le début de ses actions, elle a levé près de quatre millions de dollars pour des organisations à but non lucratif. En 2025, elle a notamment parcouru cent miles en tenue de drag complète, reliant le rivage national de Point Reyes à San Francisco, récoltant un million de dollars à cette occasion.

Des accusations réciproques

L'artiste a vivement réagi à la plainte, accusant Patagonia de « vouloir effacer un activiste ». Dans ses communications, Wyn Wiley a dénoncé ce qu'elle considère comme une tentative de faire taire une voix engagée pour l'environnement, alors même que l'entreprise se présente comme défenseure de la planète. La communauté des militants écologistes et des artistes drag a exprimé son soutien à Pattie Gonia, dénonçant une action qu'elle juge disproportionnée.

Les détails juridiques de la plainte

La plainte, rendue publique par les services judiciaires, allègue que l'utilisation du nom « Pattie Gonia » crée une confusion avec la marque déposée « Patagonia », en raison de la proximité phonétique et visuelle. Patagonia demande au tribunal de faire cesser cette utilisation et de lui accorder des dommages-intérêts symboliques, ainsi que le remboursement de ses frais d'avocat. Aucune date d'audience n'a encore été fixée.

Un procès suivi de près

Cette affaire intervient dans un contexte où les questions de propriété intellectuelle se heurtent parfois à des enjeux d'expression artistique et d'activisme. Le cas de Pattie Gonia est particulièrement scruté car il oppose une entreprise au discours écologique affirmé à une militante drag queen populaire. L'issue du procès pourrait avoir des répercussions sur la manière dont les marques protègent leur identité face à des artistes utilisant des noms similaires.

L'avocate de Wyn Wiley n'a pas encore déposé de réponse officielle, mais plusieurs déclarations publiques laissent présager une défense vigoureuse, fondée sur la liberté d'expression et le caractère distinctif du nom de scène.