La police espagnole a mené ce mercredi une perquisition au siège du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), la formation du président du gouvernement Pedro Sánchez, dans le cadre d'une enquête pour corruption visant d'éventuels paiements illégaux. L'opération s'inscrit dans une affaire portant sur des contrats de fourniture de masques et de matériel de protection au début de la pandémie de COVID-19.

Selon les informations communiquées par les autorités judiciaires, la perquisition a été ordonnée par un juge d'instruction de Madrid. L'enquête porte sur des soupçons de « pots-de-vin » et de « corruption dans les affaires » en lien avec l'attribution de marchés publics pour l'achat de matériel sanitaire d'urgence pendant la première vague de l'épidémie, qui a durement frappé l'Espagne au printemps 2020.

Le nom de l'ancien président Zapatero évoqué

L'enquête a notamment conduit à la mise en cause de l'ancien président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero, qui a dirigé l'Espagne de 2004 à 2011. Selon des sources proches du dossier, son nom apparaît dans les investigations. Interrogé par la presse en marge d'un déplacement, Pedro Sánchez a déclaré qu'il « continuait à soutenir » Zapatero, sans donner plus de détails sur la nature des faits qui lui sont reprochés.

Le chef de l'exécutif a également affirmé que son parti « n'a rien à cacher » et qu'il coopérera pleinement avec la justice. « Nous avons une totale confiance dans l'indépendance judiciaire et nous sommes sereins », a-t-il ajouté.

Le PSOE sous pression

Cette perquisition intervient dans un contexte politique tendu pour le parti au pouvoir, déjà confronté à plusieurs autres affaires judiciaires ces derniers mois. L'opposition, notamment le Parti populaire (PP) et l'extrême droite de Vox, a réagi en demandant des explications et en réclamant la comparution de responsables socialistes devant le Parlement.

Le PP a estimé que « la corruption au sein du PSOE est systémique », tandis que Vox a appelé à la démission de Pedro Sánchez. Le gouvernement a rejeté ces accusations, les qualifiant de « manœuvre politique ».

Enquête distincte

L'affaire est distincte d'autres enquêtes qui touchent l'entourage du parti, notamment celle visant l'épouse de Pedro Sánchez, Begoña Gómez, pour des soupçons de trafic d'influence. Cette dernière a été entendue par un juge en juillet dernier, sans que des charges n'aient été retenues à ce stade.

La perquisition de ce mercredi marque une nouvelle étape dans une série de scandales qui érodent l'image du parti socialiste, bien que sa direction continue d'afficher sa sérénité. Les magistrats chargés de l'enquête devraient désormais analyser les documents saisis afin de déterminer s'il existe des éléments suffisants pour poursuivre l'instruction.