Le réalisateur Andrew Durham et la productrice Sofia Coppola se sont confiés sur leur collaboration autour de Fairyland, le premier long métrage de Durham, adapté du livre d'Alysia Abbott paru en 2013. Le film raconte l'enfance et l'adolescence de l'autrice aux côtés de son père, l'écrivain et poète Steve Abbott, qui a révélé son homosexualité après la mort de la mère de la jeune fille. L'action se déroule dans le San Francisco des années 1970, une époque marquée par la liberté sexuelle et la contre-culture.

Andrew Durham a confié avoir vécu une expérience personnelle qui a nourri son approche du projet. Alors qu'il était âgé d'une dizaine d'années et vivait en Angleterre, il a découvert par hasard une lettre d'amour froissée adressée à son père, signée d'un certain Pietro. Cette découverte accidentelle a, selon ses propres termes, « involontairement révélé l'homosexualité de son père ». Il a raconté avoir montré ce courrier à sa mère, provoquant une prise de conscience familiale.

Un sujet rare au cinéma

Le film aborde un thème peu traité sur grand écran : celui d'une enfant élevée par un père homosexuel dans un contexte de libération des mœurs, puis confrontée à la maladie et à la mort de celui-ci, emporté par le sida. « Peu de gens avaient un père gay mort du sida », a déclaré Durham, soulignant la singularité de ce récit autobiographique. Sofia Coppola, productrice du projet, a dit avoir été touchée par cette histoire intime et universelle à la fois. Tous deux ont évoqué leur propre enfance bohème, sans donner plus de détails, pour expliquer leur attachement au matériau d'origine.

De la page à l'écran

L'adaptation a nécessité un travail de fidélité au texte source tout en transposant visuellement l'atmosphère de San Francisco à cette époque. Le film met en scène l'acteur Scoot McNairy dans le rôle de Steve Abbott et la jeune Nessa Dougherty dans celui de sa fille. Dans une scène clé, l'enfant souffle les bougies d'un gâteau tandis que les adultes, autour d'elle, « se défoncent à l'acide », selon les mots du réalisateur. Cet équilibre entre légèreté et tragédie constitue la marque de fabrique du film, selon ses auteurs.

Un projet personnel pour Durham

Andrew Durham, qui signe ici son premier long métrage comme réalisateur, a insisté sur le caractère personnel de ce projet. Il a retrouvé dans le récit d'Abbott des échos de sa propre histoire familiale, notamment la question du secret et de la révélation. Sofia Coppola, quant à elle, a apporté son expérience de cinéaste pour accompagner Durham dans ce premier essai. Le film, présenté comme une « comédie dramatique douce-amère », explore les liens entre un père et sa fille dans un contexte social et sanitaire bouleversé.

Une mémoire du sida

Au-delà du portrait familial, Fairyland s'inscrit dans la mémoire collective de l'épidémie de sida qui a frappé la communauté gay américaine dans les années 1980 et 1990. Le film rend hommage à ceux qui ont disparu tout en célébrant la résilience des proches. Alysia Abbott, aujourd'hui adulte, a vu son histoire portée à l'écran par une équipe qui, selon Durham, a su « respecter la vérité émotionnelle » du récit. Aucune date de sortie en salles n'a été précisée lors de l'entretien.