Une croissance à contre-courant dans le groupe Geely
Au sein du portefeuille du géant chinois Geely, qui compte Volvo, Smart, Lotus, Lynk & Co et Zeekr, Polestar fait figure d’exception. Alors que les ventes de Lotus ont chuté de 46% et que Smart a dévissé de 47% en Europe en 2025, la marque sportive liée à Volvo a vu ses immatriculations bondir de 34% sur l’année, pour atteindre 60 119 unités. Le marché européen a particulièrement dopé cette progression, avec une hausse de 55% (46 479 immatriculations). La tendance se poursuit au premier trimestre 2026, avec une croissance de 7%.
L’image de marque au cœur du succès
Pour Michael Lohscheller, directeur général de Polestar depuis octobre 2024, ce succès s’explique en grande partie par la perception des clients. « Nos clients perçoivent Polestar comme une marque suédoise, ce qu’elle est, et non pas comme une marque chinoise », affirme-t-il. Il met en avant le design scandinave, les performances et les réglages de châssis qui confèrent aux véhicules un caractère unique. Les modèles bénéficient en outre des technologies les plus récentes du groupe Geely, un avantage que n’ont pas forcément toutes les marques partenaires.
Une production encore largement chinoise, mais en évolution
Malgré cette image, Polestar reste profondément liée à Geely. Le fondateur du groupe, Li Shufu, détient 44% du capital, et Geely Holding en possède 22%. La gamme actuelle (Polestar 2, 3 et 4) est fabriquée en Chine, aux États-Unis (usine Volvo de Ridgeville, Caroline du Sud) et en Corée du Sud (Busan, par Renault). Michael Lohscheller précise que Polestar n’a « aucune intention de posséder une usine ».
Les droits de douane et la fiscalité européenne, notamment l’éco-score français qui pénalise les véhicules produits en Chine, constituent un vrai défi. Le dirigeant annonce une première réponse : le SUV compact Polestar 7, commercialisé en 2028, sera fabriqué en Europe. Ce choix pourrait ouvrir la voie à d’autres modèles produits localement.
Une concurrence interne féroce
Polestar évolue dans un groupe où les marques se marchent parfois sur les pieds avec des produits similaires. Le PDG insiste sur l’indépendance de Polestar, cotée en Bourse, et sur ses partenariats solides avec Geely et Volvo. Les ventes solides de la marque contrastent avec les difficultés de Lotus et Smart, malgré le renouvellement complet de leurs gammes. Polestar semble avoir trouvé la recette pour tirer son épingle du jeu.
Perspectives
Avec l’arrivée d’une production européenne en 2028, Polestar espère améliorer sa compétitivité sur les marchés fermés aux véhicules chinois. La marque compte capitaliser sur son image de performance et de design scandinave, tout en bénéficiant des dernières technologies du groupe. Les prochains mois montreront si cette dynamique peut se maintenir face à une concurrence interne et externe toujours plus vive.